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Entretien avec Moustapha Ka, coordinateur du projet «EMER-Villes» au Sénégal | Comité Français pour la Solidarité Internationale

Entretien avec Moustapha Ka, coordinateur du projet «EMER-Villes» au Sénégal

© GRDR

Moustapha Ka est le coordinateur de la cellule du GRDR située à Bakel, à la frontière sénégalo-mauritanienne. Il supervise le projet « EMER-Villes » (Emergence des micro-entreprises rurales pour nourrir les villes). L’objectif est de valoriser les produits agropastoraux et de les rendre accessibles à moindre coût sur les lieux de ventes des petites villes environnantes (Bakel, Diawara, Kanel).

Comment sont ciblées les entreprises rurales à appuyer ?

Nous avions en tête quelques acteurs tels que l’UTL (unité de transformation laitière) de Dembancané pour assurer un suivi de cette expérience prometteuse. Nous avons aussi sollicité le réseau des cadres locaux de concertation des organisations paysannes (CLCOP) qui nous ont proposé deux autres GIE (groupement d’intérêt économique) : l’unité de transformation céréalière (UTC) de Bakel  et celle située autour de la zone de mise en défens [interdiction temporaire pour les animaux de pénétrer sur une zone forestière] de Gandé. C’est une activité menée par les femmes qui fonctionne surtout quand c’est la saison des jujubes pour la confection de galettes.

L’unité de transformation laitière (UTL) de Dembancané est aussi gérée par les femmes ?
Oui, cette laiterie est également un GIE de femmes[1], la vente de lait caillé se fait par l’intermédiaire de revendeurs. Ceux-ci viennent chercher le lait le matin à la laiterie, et distribuent les produits laitiers avec leur glacière dans un rayon de 30 km.

Avec le temps, la renommée de l’UTL et la qualité de sa production a permis d’ouvrir de nouvelles zones de vente et donc d’accroître la production, ce qui a eu comme effet de réduire les coûts de fonctionnement et d’augmenter la marge bénéficiaire permettant à l’UTL de traiter avec de nouveaux opérateurs économiques, dont des boutiquiers.

Avez-vous ressenti des réticences de la part des hommes par rapport à votre projet ?

Il est vrai qu’on nous a clairement dit, à plusieurs reprises : « Nos femmes, ce ne sont pas des entrepreneuses ». Toutefois, si ce type de discours revient souvent dans les discussions avec les hommes, il n’y a jamais eu de problème lors de la mise en œuvre des activités. Ce discours ne cadre pas avec le quotidien. Et quand les hommes voient leurs femmes gagner plus, ils ne s’en plaignent pas ! En réalité, ils ne critiquent pas leur implication dans les activités que nous mettons en place si les résultats sont là.

Quels sont vos atouts dans la réalisation du projet ?

Le premier atout du GRDR est son ancrage historique fort au niveau du bassin du fleuve. Les gens ont connaissance du travail et des efforts que nous fournissons, c’est pourquoi ils se montrent prêts à travailler avec nous.

Cela est aussi lié au fait que dans la majorité de ces communautés rurales, le GRDR accompagne le processus de planification locale. Ce dernier consiste en la mise en œuvre d’un diagnostic participatif d’identification des besoins, et d’élaboration d’un plan de développement qui met l’accent sur les priorités des populations. Le projet EMER-Villes lui-même a été monté suite à cette identification des priorités, ainsi les gens se reconnaissent mieux dans le projet.

Propos recueillis par Mathilde Lecler

Pour en savoir plus sur ce projet, lire l’article « Au Sénégal, des produits vivriers pour nourrir les villes » et la fiche projet sur www.alimenterre.org


[1] Cette UTL a été lancée lors d’un projet précédent financé par le CFSI, en 2008-2009.