Au Sénégal : la crise Covid-19 pèse sur la capacité à bien se nourrir

Au Sénégal : la crise Covid-19 pèse sur la capacité à bien se nourrir

Il y a un an, nous vous présentions un projet porté par notre membre SOL dont l’objectif est de lutter contre la malnutrition en valorisant les céréales locales.

40 boulangers éloignés de l’emploi et 180 transformatrices dispersés au sein de 72 villages des localités de Diourbel, Kaolack, Kaffrine, Fatick et partiellement les régions de Thiès et Louga, bénéficient de cet accompagnement afin d’apprendre à produire du pain et des beignets en mélangeant farines de blé, mil et maïs.

En effet, en associant ces ingrédients, les qualités nutritives des aliments sont améliorées : le mil et le maïs étant plus riches en nutriments. Ceux-ci apportent le double de minéraux et vitamines par rapport au blé.

Malheureusement, la crise Covid-19 a mis à l’arrêt les activités de formation, de visites d’expérience et de sensibilisation de notre membre SOL sur le terrain. L’accompagnement à la transition agroécologique pour la production des céréales auprès des 150 producteurs est retardé. Du côté des boulangers, une mission de formation d’experts français prévue le 15 mars 2020 a dû être annulée.

Yuna Salmon chargée de projet à Sol au Sénégal, témoigne :

« Dans nos zones d’intervention, nous observons déjà une forte réduction des revenus des ménages ruraux, une augmentation de la charge alimentaire des familles du fait de l’exode urbain et un manque de disponibilité et d’accessibilité des denrées alimentaires qui viennent renforcer l’insécurité alimentaire des familles.

Les conséquences de la Covid-19 pèsent sur l’ensemble des bénéficiaires de notre projet. Les 3 minoteries (situées à Kaffrine, Kaolack et Diourbel qui produisent la farine issues des céréales locales et dont la gestion implique une quarantaine de personnes) fonctionnent au ralenti du fait de la restriction des déplacements. Les boulangers quant à eux font face à la diminution de l’approvisionnement des boutiques en farine de blé. Ceux qui disposent d’un moulin à proximité et qui ont des stocks de céréales à disposition parviennent à obtenir une farine panifiable a minima. Il en va de même pour les femmes transformatrices dont la vente de beignets est rendue difficile par les mesures de confinement. »

Face aux conséquences de la pandémie, le CFSI et ses membres se mobilisent afin de maintenir le niveau d’activités des projets dans des régions du monde où la situation était déjà précaire avant la crise. Si l’accompagnement physique sur le terrain n’est plus possible, il est nécessaire d’adapter les pratiques de concertation et d’animation des projets. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien. Faites un don.

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