CAAC : l’expérience du Salvador pour lutter contre la précarité alimentaire en France

Photo de groupe SPF-Canasta Campesina

Le Secours populaire français, membre du CFSI, développe un projet d’agriculture biologique en France et au Salvador dans le cadre du programme Coopérer autrement en acteurs de changement. A ce titre, Houria Tareb, secrétaire générale de la Fédération du Secours populaire français de Haute Garonne, partie prenante du projet, témoigne.

Une aggravation de la précarité alimentaire en région Occitanie depuis la crise du Covid-19

« La perte d’emploi ou la baisse de revenus liées à la crise du Covid-19 ont fait basculer dans la précarité alimentaire des foyers déjà fragiles. Jusque-là, ces personnes nous consultaient pour du soutien scolaire, de l’aide aux vacances mais elles arrivaient encore à se nourrir décemment. De janvier à octobre 2022, le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire a doublé : parmi eux, de nombreux étudiants et des retraités. Au niveau du département, nous avons accueilli 27 000 personnes en 2022, contre 15 000 en 2021. Pour la première fois, nous rencontrons des problématiques d’accès au logement. La fracture numérique aggrave la situation, empêchant un grand nombre de personnes de toucher les aides auxquelles elles ont droit pendant plusieurs mois. »

Une aide alimentaire de piètre qualité nutritionnelle

« La qualité de la nourriture distribuée est au cœur de nos préoccupations et de celle des familles : pour elles, les laitages, les œufs, la viande, les fruits et légumes frais sont un vrai luxe. Par ailleurs elles savent que leur état de santé dépend de la qualité de ce qu’elles mangent mais avec l’inflation, le coût du panier alimentaire a presque doublé.

Les dotations de l’Union européenne dédiées à l’aide alimentaire nous permettent de nous fournir en produits de base tels que les pâtes, le riz, les lentilles, les conserves. Pour les légumes et les fruits frais, nous avons différents points de collecte, notamment auprès du Grand marché d’intérêt national de Toulouse. Depuis un an, nous nous approvisionnons en produits de saison auprès d’un producteur biologique. »

Sensibiliser au « bien manger » pour se réapproprier son alimentation

« Nous organisons deux fois par mois des ateliers nutrition-santé pour montrer par le jeu que, même en privilégiant les aliments les moins chers et les plus rassasiants, il est possible d’améliorer les choix alimentaires. Par exemple, en préparant un petit-déjeuner à moindre coût en remplaçant la pâte à tartiner par du beurre et de la confiture faite maison ou en développant l’activité physique dans les tâches de la vie courante.

La région étant plutôt rurale, nous incitons les familles à développer des potagers afin de produire leurs propres fruits et légumes. Pour celles qui n’ont pas de terrain en propre, il existe de nombreux jardins partagés en ville et dans les quartiers. Nous organisons des semaines de sensibilisation à chaque changement de saison. Malheureusement, pour l’instant ces activités n’ont pas le succès escompté. »

Bénéficier de l’expérience du projet mené au Salvador pour lutter contre la précarité alimentaire

« Lorsque nous avons lancé le projet au Salvador, les femmes que nous avons mobilisées pour le développement d’une coopérative de production et vente de légumes étaient très éloignées du monde agricole. Elles ne connaissaient même pas les légumes que nous leur proposions de faire pousser ! Elles étaient dans un tel état de pauvreté qu’elles y ont vu une opportunité de s’autonomiser et d’apprendre de nouvelles choses.

Nous organisons deux fois par an des voyages d’échanges avec les femmes de la coopérative du San Salvador. Nous souhaiterions qu’elles puissent parler de leur expérience aux familles d’ici. En septembre 2022, elles ont pu aussi échanger sur la possibilité de développer leurs revenus en diversifiant leur activité avec des agriculteurs de la région.

En France, le lien à la terre est perdu depuis bien longtemps : même en zone rurale, les métiers agricoles sont déconsidérés. Si l’aide alimentaire permet tout de même l’accès à une grande variété de produits, elle rend dépendant celui qui en bénéficie. Ce que nous démontre le projet porté au Salvador, c’est que produire sa propre nourriture est une solution pour s’émanciper et contrôler la qualité de son alimentation. Cet exemple nous fait espérer qu’un changement des mentalités est possible. »

Dans le cadre de ce projet, le Secours populaire français a organisé un webinaire sur le thème « Crise sanitaire et solidarité, quels impacts sur le système alimentaire de demain ? » : retrouvez les comptes rendus des échanges ici et ici. Nous avons besoin de vous pour continuer à développer nos projets, faites un don.

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