Le CFSI s’est joint à plus de 40 associations de santé, de consommateurs, de lutte contre la précarité alimentaire et de protection de l’environnement pour appeler à une meilleure régulation des aliments ultra-transformés en France.

À l’initiative de Foodwatch, Yuka et France Assos Santé, cette mobilisation citoyenne s’appuie sur une pétition intitulée « Stop aux aliments ultra-transformés : protégeons notre santé ! », qui a déjà recueilli près de 130 000 signatures.

Mais au fond, pourquoi cette question nous concerne-t-elle toutes et tous ?

Des aliments omniprésents dans notre quotidien

Biscuits, sodas, céréales du petit-déjeuner, plats préparés, snacks salés… Les aliments ultra-transformés occupent aujourd’hui une place importante dans nos habitudes alimentaires.

Il s’agit de produits industriels fabriqués à partir d’ingrédients fortement transformés, auxquels sont souvent ajoutés des colorants, arômes, édulcorants ou encore exhausteurs de goût. Ces procédés permettent d’améliorer la conservation, la texture ou le goût des aliments.

Le problème ? Ces produits sont généralement plus riches en sucre, en sel et en matières grasses, tout en étant plus pauvres en fibres et en nutriments essentiels.

En France, ils représentent aujourd’hui près de 60 % de l’offre alimentaire, 35 % des calories consommées par les adultes et près de la moitié de celles consommées par les enfants.

Un enjeu majeur de santé publique

De nombreuses études scientifiques établissent un lien entre la consommation excessive d’aliments ultra-transformés et le développement de certaines maladies chroniques, comme :

  • l’obésité ;
  • le diabète de type 2 ;
  • l’hypertension ;
  • certaines maladies cardiovasculaires ;
  • certains cancers.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre d’adultes obèses a plus que doublé dans le monde depuis 1990, tandis que celui des adolescentes et adolescents obèses a été multiplié par quatre.

Ces évolutions interrogent notre environnement alimentaire : comment faire des choix éclairés lorsque les produits les moins favorables à la santé sont aussi parmi les plus visibles et les plus promus ?

Une problématique qui dépasse les frontières françaises

L’augmentation de la consommation d’aliments ultra-transformés est un phénomène mondial.

En Afrique également, les habitudes alimentaires évoluent rapidement sous l’effet de l’urbanisation et de la mondialisation des marchés alimentaires. Dans certaines villes, les populations font face à ce que les spécialistes appellent le « triple fardeau nutritionnel » : la coexistence de la sous-nutrition, des carences en micronutriments et de maladies liées au surpoids.

Cette situation soulève des questions de santé publique, mais aussi de souveraineté alimentaire : quelle place accorder aux productions locales face à l’expansion des produits industriels standardisés ?

Ce que demande la pétition

Les organisations mobilisées estiment qu’il ne suffit pas d’informer les consommateurs : les pouvoirs publics ont également un rôle à jouer pour créer un environnement alimentaire plus favorable à la santé.

La pétition appelle notamment à :

  • mieux encadrer la publicité pour les aliments ultra-transformés, notamment celle destinée aux enfants ;
  • interdire certaines stratégies marketing particulièrement attractives pour les plus jeunes, comme l’utilisation de mascottes sur les emballages ;
  • mettre en place un étiquetage clair et obligatoire permettant d’identifier facilement les aliments ultra-transformés.

Plusieurs pays, comme le Chili, le Pérou ou encore le Royaume-Uni, ont déjà adopté des mesures similaires.

Pourquoi le CFSI se mobilise

Pour le CFSI, cette mobilisation fait écho à une conviction forte : nos systèmes alimentaires doivent être pensés avant tout au service de la santé des populations, des producteurs et de l’environnement.

Depuis plus de 60 ans, le CFSI agit pour promouvoir des systèmes alimentaires plus justes et plus durables. Cela passe notamment par le soutien à l’agriculture familiale, au consommer local et à des systèmes alimentaires territorialisés.

À travers le programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao), mené conjointement avec la Fondation de France, le CFSI accompagne des initiatives qui rapprochent producteurs et consommateurs et valorisent les produits locaux.

Le CFSI s’est également engagé dans la campagne « N’exportons pas nos problèmes », qui alerte sur les conséquences de l’exportation de poudre de lait réengraissée à l’huile de palme vers l’Afrique de l’Ouest. Ces importations fragilisent les filières laitières locales tout en posant des questions de qualité nutritionnelle.

Agir ensemble pour des environnements alimentaires plus favorables à la santé

Mieux réguler les aliments ultra-transformés ne signifie pas culpabiliser les consommateurs. Il s’agit plutôt de créer les conditions permettant à chacune et chacun d’accéder plus facilement à une alimentation saine, durable et choisie.

Parce que les choix alimentaires sont aussi influencés par l’offre disponible, la publicité ou encore les politiques publiques, cette mobilisation rappelle qu’une alimentation de qualité est un enjeu collectif.

Vous souhaitez soutenir cette initiative ?
Découvrez et signez la pétition : « Stop aux aliments ultra-transformés : protégeons notre santé ! »

Ensemble, agissons pour des systèmes alimentaires qui prennent soin de notre santé, de la planète et des générations futures.

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