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Des paniers paysans du Salvador au jardin solidaire de Montauban | Comité Français pour la Solidarité Internationale

Des paniers paysans du Salvador au jardin solidaire de Montauban

Salvador - Secours Populaire Français © Francis Roudière

Pauvreté rurale au Salvador. A Comasagua, à 40 kilomères de la capitale, San Salvador, 40 % des familles vivent dans des conditions très précaires.

Le revenu moyen par habitant est de 1,20 € par jour. Les hommes cultivent le café mais l’épidémie de « rouille » qui touche l’ensemble de l’Amérique centrale ne les a pas épargnés. Les femmes et les jeunes sont encore plus vulnérables car ils n’ont pas de moyen pour s’investir dans une activité.  L’alimentation, peu diversifiée, est à base de maïs et d’haricots. Le taux de malnutrition est de 20 %  et atteint 29 % pour les enfants de moins de 5 ans.

Les femmes créent une coopérative de fruits et légumes bio
Pour offrir une alternative à ces familles rurales, le Secours Populaire Français (membre du CFSI) et ses partenaires locaux ont lancé un projet de paniers paysans bio à destination des consommateurs, hôtels et restaurants de la capitale. La production biologique ne nécessite pas beaucoup de dépenses : 43 femmes réunies en coopérative ont convaincu leurs maris de leur laisser des terres pour produire des fruits et légumes bio, 11 de leurs fils se sont joints à elles.  Au-delà des membres de la coopérative, 200 producteurs se sont formés à la fabrication de biopesticides et de fertilisants organiques. Ils ont ainsi diversifié l’alimentation de leur famille (7 % est autoconsommé) et plus largement de la communauté (30 % est vendu localement). Les familles vendent les surplus de la production en ville, surtout sous forme de paniers paysans. Ces « Canastas campesinas » sont vendus auprès de 160 consommateurs selon le principe des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP). Cette démarche équitable et solidaire crée un lien entre des ruraux défavorisés qui améliorent leurs conditions de vie (nutrition, santé, pratiques démocratiques, environnement) et des citadins sensibilisés à l’agriculture biologique. Au Salvador, l’agriculture biologique est vue comme un moyen d’autonomisation du paysan, les pressions en sa faveur son fortes et le gouvernement s’apprête à mettre en application une nouvelle loi favorable à son développement.

Salvador - Secours Populaire Français © Francis Roudière

Auparavant sans activité, les femmes de la coopérative gagnent aujourd’hui en moyenne 190 € par mois alors que le revenu agricole moyen est de 95 € au Salvador. Elles sont davantage écoutées et, comme les jeunes impliqués, accèdent à des responsabilités dans la vie de la communauté.

Une idée qui a fait son chemin jusqu’en France
La réussite de cette opération acquise en situation de grande pauvreté au Salvador a motivé le Secours Populaire Français à créer un jardin solidaire biologique à Montauban. Car en France aussi, le nombre de personnes en difficulté ne cesse de grandir et les besoins en alimentation sont importants. Ce jardin est dédié aux bénéficiaires du SPF Tarn et Garonne en situation de précarité. Ils le cultivent eux-mêmes, avec le soutien technique d’un lycée agricole et d’un groupement d’agriculteurs associés au projet. La production est destinée à l’autoconsommation des bénéficiaires et aux magasins solidaires du SPF. Cette activité de jardinage est également un moyen de rompre l’anonymat, de lutter contre l’exclusion, de favoriser l’économie familiale et d’apprendre à respecter l’environnement et la nature. Autre bénéfice : le lycée agricole dispose d’un terrain d’expérimentation en bio et développe ses enseignements autour de ce type de culture. D’autres fédérations du SPF pensent déjà à reproduire ce projet dans leur département.

Vive l’interdépendance positive !
C’est pour favoriser le rapprochement entre les paniers paysans salvadoriens et le jardin solidaire de Montauban que le CFSI soutient cette action dans le cadre de son nouveau programme « Coopérer autrement en acteurs de changement ». En échangeant sur leurs pratiques et leurs savoir-faire (agriculture biologique, nutrition, insertion, revenus…), de véritables passerelles de développement équitable et durable s’établiront entre les populations, les organisations et les territoires.