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Egalité femmes–hommes « Les éleveuses doivent reprendre leur place dans la filière lait » | Comité Français pour la Solidarité Internationale

Egalité femmes–hommes « Les éleveuses doivent reprendre leur place dans la filière lait »

Maïrama Haman Bello, Apess © CFSI, 2019

De passage à Paris le 18 novembre 2019 à l’occasion d’une réunion de travail sur la thématique de la défense du lait local en Afrique de l’Ouest, Maïrama Haman Bello, responsable formation professionnelle à l’Apess Cameroun, nous livre son témoignage sur la place des femmes dans l’élevage laitier.

Sur le même thème, écouter le témoignage de Rekia Siwa productrice et transformatrice de lait au Niger, présidente du collectif des femmes du Réseau des organisations des pasteurs et éleveurs du Niger (Ropen) et membre de la coalition « Mon lait est local » du Niger.

 

Le risque d’éviction des femmes 

En Afrique de l’Ouest, les femmes rurales jouent un très grand rôle dans les activités agricoles et dans celles qui créent de la valeur comme la transformation des produits. Mais les associations qui sont sur le terrain remarquent que, souvent, elles ne jouissent pas des mêmes opportunités dans l’accès aux ressources (à la terre, au crédit…) et dans les prises de décision. Elles courent aussi le risque d’être évincées dès que les activités se développent.

« Le lait c’est l’affaire des femmes » dit-on au Sénégal. « C’est leur pouvoir », selon une expression au Niger. Et pourtant lorsque sa production devient plus rentable ou qu’elle devient moins pénible, des femmes ont pu s’en voir dépossédées. Mais le lait n’est qu’un cas parmi d’autres qui appelle à la vigilance. L’éviction des femmes a pu être observée dans des filières agroalimentaires, suite à l’introduction d’équipements ou de procédés qui ont réduit le temps de travail, amélioré les rendements et les marges. Les hommes, absents du secteur de la transformation, s’y sont alors intéressés. Quelques exemples concernant la transformation des céréales ou le fumage du poisson au Sénégal montrent que ces derniers ont pu acquérir des équipements et des crédits pour développer leurs activités commerciales plus facilement que les femmes.

Le rôle prépondérant de l’accompagnement

Il est primordial que les organisations parviennent, par une meilleure prise en compte du genre au sein des projets, à anticiper le risque de perte de revenus et de renforcement des inégalités entre femmes et hommes. Plus le risque d’éviction des femmes des activités devenues rémunératrices (ou moins pénibles) est fort, plus le type d’accompagnement est déterminant.

En témoigne un exemple de projet au Nord Sahel, dans un contexte social où la relation entre femmes et hommes est très codifiée et où le risque d’accroissement des inégalités de genre n’a pas été anticipé. Les hommes dominent dans la sphère publique, dans le dialogue avec les acteurs institutionnels, etc. Or, ce sont le plus souvent les femmes qui traient les vaches, donnent à manger aux animaux et vendent le lait caillé. Elles possèdent également une partie du troupeau. Quand des laiteries se sont installées, les maris sont devenus les interlocuteurs privilégiés qui livrent la laiterie. Les femmes ont perdu la gestion des revenus du lait.

Un autre projet, dans le bassin de Kollo au Niger, a au contraire traité différemment la problématique de la place des femmes. Elles ont réussi à conserver leur place dans la filière lait et leurs revenus grâce à l’attention portée à la répartition des revenus et des tâches, à la formation et à la concertation entre les parties prenantes tout au long de la construction du projet.

En tant qu’acteurs du développement, le CFSI et ses partenaires s’attachent à créer de nouvelles dynamiques et à jouer un rôle moteur en faveur des égalités entre les sexes tout au long des projets qu’ils soutiennent. Pour cela, ils ont besoin de votre soutien. Faites un don.