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Nourrir le monde

L’« agriculture intelligente face au climat » : un alibi pour ne rien changer ?

25/09/2015
L’« agriculture intelligente face au climat » : un alibi pour ne rien changer ?
A quelques semaines de la Conférence internationale sur le climat à Paris, l’agriculture est sur la sellette : elle est en effet responsable d’une partie du changement climatique. Cependant, elle en subit aussi les conséquences et offre des solutions. A priori, qui pourrait donc contester l’utilité de promouvoir une agriculture intelligente face au climat ?

A quelques semaines de la Conférence internationale sur le climat à Paris, l’agriculture est sur la sellette : elle est en effet responsable d’une partie du changement climatique. Cependant, elle en subit aussi les conséquences et offre des solutions. A priori, qui pourrait donc contester l’utilité de promouvoir une agriculture intelligente face au climat ?

En 2014, des États (dont la France), des acteurs non gouvernementaux et des organisations internationales se sont réunis au sein d’une « Alliance mondiale pour l’agriculture intelligente face au climat ». L’objectif affiché : créer un environnement scientifique, politique et économique favorable au développement d’une agriculture qui « augmente la productivité et la résilience (adaptation) des cultures de manière durable, favorise la réduction/élimination des gaz à effet de serre (atténuation), améliore la sécurité alimentaire nationale et contribue à la réalisation des objectifs de développement du pays ».

Le concept d’«agriculture intelligente face au climat», sur lequel s’est construit l’Alliance mondiale, est notamment porté par les grands acteurs privés de l’agro-industrie, ainsi que par les pays disposant d’un secteur agro-industriel important. Les acteurs de ce secteur y voient une opportunité d’autopromotion et de développement de nouveaux marchés (par exemple pour les biotechnologies et la pétrochimie) et de nouvelles sources de revenus.

Par ailleurs, l’«agriculture intelligente face au climat» sert d’alibi aux décideurs politiques pour ne pas s’engager dans la transformation profonde des modèles de développement agricole et des systèmes alimentaires. C’est pourtant ce que requière la lutte contre l’insécurité alimentaire et contre les changements climatiques, au Nord comme au Sud. Cette Alliance passe à côté de l’objectif prioritaire de renforcement des agricultures familiales paysannes : celles où le travail et le capital restent principalement familiaux, celles qui entretiennent un lien très fort avec les territoires, celles qui peuvent porter une approche agroécologique, pour une bonne gestion des ressources naturelles locales. Ce sont les seules à mêmes de répondre véritablement au défi climatique et alimentaire et aux objectifs de lutte contre la pauvreté.

En légitimant un modèle agro-industriel à grande échelle, l’«agriculture intelligente face au climat» et son Alliance proposent une réponse inadaptée au double défi climatique et alimentaire. Les systèmes d’agriculture intensive en intrants chimiques et en énergies fossiles sont les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole. Les cultures d’exportation pour les marchés internationaux, portées par l’agro-industrie, viennent aussi concurrencer les agricultures familiales paysannes et les cultures vivrières (pour l’accès aux terres et aux ressources naturelles, notamment dans les pays du Sud). Enfin, l’accès aux semences ou le recours à des intrants chimiques contrôlés par l’agro-industrie crée des situations de dépendance et de pauvreté piégeant les petits paysans, notamment dans les pays du Sud.

Avant la Conférence de Paris sur le climat, plus de 350 ONG du monde entier, dont le CFSI, ont lancé un appel, le 21 septembre 2015, demandant aux décideurs politiques de rejeter l'«agriculture intelligente face au climat» et de promouvoir l’agroécologie.

Contact : Pascal Erard, responsable plaidoyer du CFSI

Nourrir le monde

Accord Europe-Afrique de l’Ouest : la loi du plus fort !

01/06/2015
Non aux APE © Pressafrik.com
Depuis près de 15 ans, l’Union européenne (UE) tente d’imposer des Accords de partenariat économique (APE) aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifiq

Depuis près de 15 ans, l’Union européenne (UE) tente d’imposer des Accords de partenariat économique (APE) aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) regroupés initialement en 6 régions, dont l’Afrique de l’Ouest. L’UE, première région économique mondiale, cherche ainsi à obtenir un accord de libre-échange avec une des régions les plus pauvres de la planète, officiellement pour le plus grand bien de cette dernière.

Jusqu’en 2000, la quasi-totalité des exportations des pays ACP vers l’UE étaient exonérées de taxes à l’importation. Il s’agissait pour l’UE de favoriser le développement des pays ACP. En revanche, les pays ACP restaient libres de taxer ou pas les importations venant d’Europe. Mais en 2000, l’UE exige la réciprocité en affirmant qu’elle doit le faire pour se conformer aux nouvelles règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Pourtant l’Union européenne est la seule zone développée à demander des préférences commerciales réciproques à l’Afrique de l’Ouest. Les Etats Unis, par exemple, continuent à accorder des préférences commerciales unilatérales aux pays d’Afrique sub-saharienne dans le cadre de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act). Mais ils n’exigent pas que l’Afrique supprime les droits de douane sur les importations de produits venant des USA. Une fois n’est pas coutume, les autorités américaines ont le beau rôle. Dans le projet de loi visant à prolonger l’AGOA jusqu’en 2025, ils s’offrent le luxe d’attaquer les APE en dénonçant « les pratiques injustes de l’Union européenne, qui conditionnent l’accès africain au marché européen à la signature d’accords déséquilibrés » (1).

Qu’est-ce qui empêche l’UE de faire comme les USA, à savoir demander une dérogation à l’OMC pour maintenir des préférences commerciales unilatérales au profit des pays ACP ? Rien ! L’UE a d’ailleurs utilisé cette possibilité pour des pays tels que la Moldavie en expliquant qu’elle : « est le pays le plus pauvre du continent européen (…) et n’a pas la compétitivité nécessaire pour prendre des engagements de réciprocité dans un accord de libre-échange avec l’UE ». Les pays ACP sont exactement dans la même situation. Pourquoi ne pas leur appliquer le même traitement ?

Mais ce n’est pas la seule option. L’UE pourrait également reprendre la proposition des ministres du commerce de l’Union africaine et qualifier l’Afrique de l’Ouest de région « PMA ». L’UE accorde en effet aux PMA (Pays les moins avancés) des préférences commerciales unilatérales dans le cadre du régime « Tout sauf les armes ». Or 12 des 16 Etats d’Afrique de l’Ouest sont des PMA.

Aucune de ces solutions n’a été retenue par l’UE qui a utilisé tous les moyens possibles pour parvenir à un accord. Au point qu’en décembre 2007, le Conseil des ministres ACP « déplore la pression énorme » de la Commission européenne pour parvenir à un APE et que « les intérêts mercantiles de l’UE aient prévalu sur les intérêts des ACP en matière de développement et d’intégration régionale » (2).

La résistance des Etats Ouest africains a commencé à fléchir durant l’été 2014 avec le paraphe d’un accord. Pour entrer en vigueur, l’APE doit encore être signé puis ratifié par les parties. Le CFSI participe activement à la mobilisation de la société civile Ouest africaine et européenne pour empêcher la conclusion de cet accord. Nous voulons en particulier convaincre les eurodéputés de s’opposer à la ratification de l’APE, envisagée fin octobre 2015.

Pour en savoir plus, lire le document de position de CONCORD, la confédération européenne des ONG d’urgence et de développement, coordonné et rédigé par le CFSI.

Pascal Erard
Responsable plaidoyer du CFSI
[01/06/2015]
 


(1) ICTSD, « Un projet de loi devant le congrès prévoit une extension de l’AGOA pour 10 ans », Passerelles, 1er mai 2015 : http://fr.ictsd.org/bridges-news/passerelles/news/un-projet-de-loi-devant-le-congr%C3%A8s-pr%C3%A9voit-une-extension-de-l%E2%80%99agoa

(2) Lire le document complet sur : http://astm.lu/acp-council-of-ministers-on-epas/

 

Nourrir le monde

APE : un Accord au Profit de l’Europe ?

15/04/2015
APE : un Accord au Profit de l’Europe ?
A qui profite l’Accord de partenariat économique (APE), un accord de libre-échange négocié entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne ?

A qui profite l’Accord de partenariat économique (APE), un accord de libre-échange négocié entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne ?

Cet accord mettant en relation une des régions les plus pauvres de la planète avec une des plus riches, l’Afrique de l’Ouest n’a pas grand-chose à gagner !

Telle est la conclusion du document d’analyses que vient de coordonner et de rédiger le CFSI pour CONCORD, la Confédération européenne des ONG d’urgence et de développement.

Ce document a été diffusé au Parlement européen, qui doit se prononcer sur la ratification de cet APE le 7 juillet 2015. A cette occasion, le CFSI participe activement à la campagne des organisations de la société civile européenne et Ouest africaine contre la ratification.

Lire le rapport Pleins feux 2015 A qui profite l'accord de partenariat économique entre l'Afrique de l'Ouest et l'UE ? [1.69Mo]

Nourrir le monde

La filière du poulet camerounais se remplume !

13/03/2015
La filière du poulet camerounais se remplume ! Dessin : Frank Raynal
Il y a 10 ans, le CFSI participait au lancement de la campagne « l’Europe plume l’Afrique ».

Il y a 10 ans, le CFSI participait au lancement de la campagne « l’Europe plume l’Afrique ».

En effet, en 2004, le Cameroun était envahi par du poulet européen congelé, bas de gamme et subventionné. Les aviculteurs camerounais n’arrivaient plus à vendre leur production pourtant de bien meilleure qualité, le poulet européen étant vendu 1,40 € le kilo contre 2,90 € le kilo de poulet local.

En 2006, la mobilisation d’ONG camerounaises et européennes a permis d’obtenir du gouvernement camerounais l’interdiction presque totale des importations de poulet congelé européen. Depuis, le Cameroun a consacré plus de 4 milliards de FCFA au développement de la filière avicole locale.

Grâce à ces mesures, la production camerounaise couvre désormais 90 % de la demande nationale. Elle procure directement et indirectement 320 000 emplois contre 120 000 dix ans plus tôt.

Pour en savoir plus, lire sur le site www.alimenterre.org l'article de Philippe Chibani-Jacquot paru dans le numéro 40 d'Altermondes : "Le jour où le poulet camerounais a eu des dents"

Nourrir le monde

Défendre les droits à la terre : un combat à hauts risques

22/01/2015
Crédit photo : Jean-Baptiste Cavalier - Bolivie
43 défenseurs des droits à la terre ont été assassinés entre 2011 et 2014, dénonce un rapport que viennent de publier la FIDH et l’OMCT [1].

43 défenseurs des droits à la terre ont été assassinés entre 2011 et 2014, dénonce un rapport que viennent de publier la FIDH et l’OMCT [1]. Ce chiffre, déjà considérable, est pourtant très inférieur à la réalité. En effet, ce rapport ne présente que les cas pour lesquels il dispose d’informations suffisamment précises. A ces meurtres s’ajoutent d’autres formes de violence telles que les agressions physiques et les arrestations arbitraires.

Au Honduras, par exemple, les membres de l’organisation paysanne MARCA luttent depuis 1994 pour la restitution de leurs terres dans la vallée de Bajo Aguan. Ils font régulièrement l’objet de menaces et d’agressions tant de la part de l’Etat que des gardes de sécurité employés par de grands propriétaires terriens. En 2012, l’avocat de MARCA a été tué. Un an plus tard, ce sera le tour de son frère qui a eu le tort de demander « trop » obstinément une enquête sérieuse pour identifier les assassins et obtenir leur condamnation. L’enquête n’a toujours pas avancé et aucun suspect n’a été identifié [2].

L’importance du droit à la terre

L’accès à la terre est un enjeu majeur pour les paysans. Mais leurs droits fonciers sont souvent fragiles car il s’agit de droits d’usage coutumiers. L’absence de reconnaissance formelle de ces droits sert de prétexte pour expulser des communautés paysannes entières de leurs terres au profit d’investissements de grandes entreprises et d’Etats.

Ce non-respect des droits fonciers des paysans conduit à la violation de droits de l’homme tels que le droit à l’alimentation et le droit au logement. Face à ces situations, les populations s’organisent pour faire respecter leurs droits. Ils demandent l’arrêt de ces projets ou, lorsque c’est impossible, une indemnisation leur permettant de s’installer ailleurs dans de bonnes conditions.

Mais les États et les entreprises n’ont qu’une crainte : que leurs projets soient ralentis ou même stoppés, entraînant ainsi de lourdes pertes financières. Pour ne pas en arriver là, certains n’hésitent pas à user de la violence. Policiers, militaires ou milices privées d’entreprises s’en prennent le plus souvent aux leaders des mouvements de protestation, dans le seul but de les faire taire. Les projets d’accaparement de terres ayant souvent lieu dans des endroits éloignés de la présence des médias, il est difficile de recenser toutes les violences commises. Mais lorsqu’elles le sont, l’impunité est la règle dans 95% des cas.

Le CFSI défend les droits des paysans

Ce rapport montre l’importance de la défense des droits à la terre et plus généralement ceux des paysans. Le CFSI et la Confédération paysanne animent la mobilisation de la société civile française en faveur de l’adoption de la déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, dont l’élaboration a été décidée en septembre 2012. Pour élargir ce mouvement, il a organisé un atelier sur ce thème, en mettant l’accent sur le droit à la terre, lors du Forum international des sociétés civiles sur les agricultures familiales de Coordination Sud et de la Confédération paysanne, à Lyon, le 18 décembre 2014.

Cette mobilisation commence à porter ses fruits. Après s’être opposée à l’élaboration de la déclaration sur les droits des paysans, la France a fait un premier pas positif en juin 2014 en s’abstenant lors du vote reconduisant le mandat de l’ambassadrice de Bolivie, qui pilote la rédaction de la déclaration des Nations Unies. Notre action se poursuivra en 2015, notamment à l’occasion de la réunion de groupe de travail chargé de rédiger la déclaration, début février [3].

Pascal Erard
Responsable plaidoyer du CFSI



[1] Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme : « Nous n’avons pas peur : attaque des défenseurs des droits à la terre qui s’opposent au développement effréné », Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et Organisation mondiale contre la torture (OMCT), décembre 2014, https://www.fidh.org/IMG/pdf/obs_2014-fr-web2.pdf

[2] Rapport p.60

 

Nourrir le monde

Production laitière en Afrique de l’Ouest : l’Europe ne doit pas mettre le feu aux poudres !

12/11/2014
Crédit photo : Kamikazz, Isra-Cirad-Gret
La poudre de lait européenne a de beaux jours devant elle.

La poudre de lait européenne a de beaux jours devant elle. En raison des subventions de la politique agricole commune et, en 2015, de la fin des quotas laitiers qui limitaient la production, les exportations de lait en poudre vont exploser. Selon les estimations de la Commission européenne (1), elles devraient passer de 450 000 tonnes en 2014 à près de 650 000 tonnes en 2023. L’Afrique de l’Ouest est un des débouchés les plus prisés par les industriels européens.

Cet intérêt est d’autant plus important qu’après des années de fortes pressions, l’Union européenne (UE) est sur le point de conclure un accord de partenariat économique (APE) avec l’Afrique de l’Ouest. En partant du principe selon lequel la libéralisation des échanges conduit presque inévitablement au développement des pays les plus pauvres, l’UE devrait obtenir la suppression des droits de douane sur au moins 75% de ses exportations vers cette région, dont le lait en poudre. Pour les producteurs de lait ouest-africains, cet accord de libre-échange est un marché de dupes, introduisant un renard européen libre dans un poulailler ouest-africain libre !

Les gouvernements ouest-africains aussi ont de lourdes responsabilités dans cette situation. D’abord en s’engageant à signer l’APE en juillet dernier, alors que des alternatives existent. Ensuite en ne menant pas, à de rares exceptions près, de politiques ambitieuses pour améliorer la production, la commercialisation et la transformation de l’importante production locale. En effet, les Etats pensent qu’encourager les importations est le meilleur moyen pour satisfaire la demande des consommateurs urbains. Les APE vont certes supprimer les droits de douane sur le lait en poudre importé de l’UE, rendre impossible leur rétablissement et, bien entendu, leur augmentation. Mais même sans APE, les droits de douane ne sont que de 5% ! Une situation à comparer avec celle du Kenya, qui a fixé ces droits à 60% et investit dans la filière laitière du pays. Grâce à ces mesures, le pays, qui était déficitaire, est devenu exportateur. Même si l’expérience kenyane n’est pas intégralement transposable, les contraintes y étant moins fortes, elle devrait être une source d’inspiration pour les dirigeants d’Afrique de l’Ouest.

En effet, à cause de la forte croissance démographique et de la hausse considérable de la part de la population urbaine, la consommation ouest-africaine de produits laitiers explose, de même que les coûteuses importations. La production locale progresse mais à un rythme nettement inférieur à la demande. Ce phénomène touche à la fois des pays produisant l’essentiel de ce qu’ils consomment, tels que le Mali ou le Niger et des pays dont les besoins sont couverts majoritairement par des importations (Sénégal et Côte d’Ivoire, par exemple). La production locale a pourtant un fort potentiel de croissance.

Collecte de lait dans la région du Ferlo au Sénégal © G.Bastard-GretLors de l’atelier « approvisionner les villes ouest-africaines en lait local » organisé par le CFSI avec le GRET et Ingénieurs sans Frontières (2), le 15 octobre 2014, des organisations d’éleveurs et des ONG de la région ont montré leur capacité d’innovation pour le développement des filières laitières locales : création de hangars à foin ou de stocks fourragers pour nourrir le bétail en saison sèche et ainsi produire du lait toute l’année ; mise en place de centres de collecte et de mini-laiteries pour améliorer la commercialisation et la transformation du lait local, contractualisation entre exploitations familiales et industries pour l’approvisionnement en lait local, etc. Toutes ces initiatives permettent à la fois d’augmenter les revenus des producteurs, qui vivent souvent dans une grande pauvreté, et de mieux satisfaire les demandes des consommateurs.

Mais pour changer d’échelle et répondre aux besoins de la population, les producteurs de lait ouest africains doivent bénéficier de politiques adaptées. Ils agissent notamment pour des politiques de soutien aux filières laitières locales et contre la ratification des APE par les parlements des pays de la région, dernière possibilité pour empêcher leur application.

En France, le CFSI intervient de deux manières :

  • En soutenant le développement des filières laitières locales dans le cadre du programme de promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest, en partenariat avec la Fondation de France ;
     
  • En agissant et en animant la mobilisation de la société civile française contre la ratification des APE par le Parlement européen.

Pascal Erard, Responsable plaidoyer
10 novembre 2014

POUR EN SAVOIR PLUS : lire le compte-rendu de l'atelier du 15 octobre 2014 "approvisionner les villes ouest-africaines en lait local"

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(1) Agritrade : « Le commerce laitier entre l’UE et l’Afrique évolue : réponses des entreprises européennes à l’abolition des quotas de production de lait », septembre 2014, p.4 : http://agritrade.cta.int/fr/Agriculture/Produits-de-base/Produits-laitiers/Le-commerce-laitier-entre-l-UE-et-l-Afrique-evolue-reponses-des-entreprises-europeennes-a-l-abolition-des-quotas-de-production-de-lait

(2) Cet atelier était organisé dans le cadre des rencontres « nourrir les villes» du programme de promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest Fondation de France – CFSI. Il réunissait des partenaires ouest-africains bénéficiant du soutien du programme.

 

Nourrir le monde

Droit des paysans : le CFSI se mobilise !

01/07/2014
Inde © Justine Mounet
Assassinat de syndicalistes paysans en Colombie, suicides d’agriculteurs familiaux indiens qui n’arrivent pas à rembourser leurs dettes faute de revenus décents, expulsion de paysans de leurs terres en Afrique… Les paysans font partie des personnes dont les droits sont les plus massivement violés. D’ailleurs, 80 % des victimes de la faim sont des ruraux, essentiellement des petits producteurs agricoles.

Assassinat de syndicalistes paysans en Colombie, suicides d’agriculteurs familiaux indiens qui n’arrivent pas à rembourser leurs dettes faute de revenus décents, expulsion de paysans de leurs terres en Afrique… Les paysans font partie des personnes dont les droits sont les plus massivement violés. D’ailleurs, 80 % des victimes de la faim sont des ruraux, essentiellement des petits producteurs agricoles.

Si on trouve les situations les plus graves en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, les agriculteurs européens rencontrent eux aussi d’importantes difficultés. Ainsi, 20 % des exploitations agricoles ont disparu ces dix dernières années.

Le mouvement paysan international La Via Campesina, qui regroupe 160 organisations dans le monde, demande depuis plus de 10 ans l’adoption d’une déclaration sur les droits des paysans venant renforcer et compléter les règles internationales relatives aux droits de l’homme. Suite à un rapport d’experts, le Conseil des droits de l’homme a décidé en 2012, la rédaction d’une déclaration sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en zone rurales.

Comme le soulignait à l’époque Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, « l’adoption d’une Déclaration sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales augmenterait la visibilité sur les droits qui sont déjà reconnus en droit international, et aiderait à reconnaître de nouveaux droits, tel que les droits à la terre, aux semences, et à l’indemnisation pour les pertes dues à des subventions alimentaires accordées aux agriculteurs des autres pays ».

Mais la France, tout en reconnaissant la situation préoccupante des paysans, s’oppose à ce projet de déclaration au nom du principe d’universalité des droits de l’homme. En d’autres termes : les droits de l’homme sont fondés sur des valeurs communes inhérentes à l’être humain. Ces valeurs concernent tout le monde, y compris les paysans. Consacrer dans une nouvelle déclaration, des droits spécifiques aux paysans irait à l’encontre de ce principe d’universalité.

Pourtant, par le passé, la France a soutenu voire même impulsé la rédaction de documents similaires concernant des catégories particulières de la population. Ces textes reprennent le socle commun universel de droits et les complètent en fonction des situations spécifiques des enfants, des femmes ou des travailleurs salariés vis-à-vis des employeurs, pour ne citer que quelques exemples. Dans tous les cas, il s’agit de catégories regroupant une très grande partie de la population mondiale. N’est-ce pas le cas des paysans ?

Depuis un an, le CFSI et la Confédération paysanne co-animent un collectif informel qui s’est mis en place pour faire évoluer la position française. Y participent également le CCFD, FIAN-France, OXFAM, Peuples Solidaires et le Secours Catholique.

Avec l’appui de Coordination Sud, le CFSI a obtenu et organisé un débat sur ce thème, le 20 juin 2014, au sein du GISA (Groupe interministériel sur la sécurité alimentaire, qui inclut des représentants des ONG). Pour la première fois, une discussion interministérielle associant la société civile s’est tenue sur ce sujet. 3 intervenants ont fourni des informations et des analyses pour éclairer les participants. M. Christophe Golay, juriste suisse qui apporte son expertise aux rédacteurs de la déclaration, a présenté les arguments juridiques justifiant la définition de droits spécifiques pour les paysans, en mettant l’accent sur leur extrême vulnérabilité. Mme Valentina Hemmeler-Maïga, chargée des questions internationales au sein du syndicat agricole suisse UNITERRE a expliqué l’importance d’une telle déclaration pour les paysans européens. Elle a également présenté leur campagne qui a conduit le gouvernement suisse à passer d’une opposition totale à une participation constructive à la rédaction de la déclaration. Enfin M. Daniel Vosgien, sous-directeur chargé des droits de l’homme au Ministère des affaires étrangères a exposé la position officielle française.

Les conclusions du débat sont positives puisque le GISA a décidé de participer à l’élaboration de la position française sur la base d’un projet de déclaration qui devrait être disponible en novembre. Il s’agit d’une avancée, la société civile française n’ayant jamais été consultée sur ce sujet.

Evolution positive de la position française !
Le 26 juin 2014, le Conseil des droits de l’homme a décidé de renouveler le mandat de l’Ambassadrice de Bolivie, afin qu’elle continue à piloter la rédaction de la déclaration des Nations unies sur les droits des paysans. Suite notamment au plaidoyer du CFSI, la France qui depuis le début s’était opposée à cette initiative, a adopté une position plus constructive en s’abstenant.

 

Nourrir le monde

Qu’est ce qu’on mange ?

29/04/2014
Hors-série d’Alternatives Internationales (n°15, mai 2014)
Du champ à l’assiette, le tour du monde de l’alimentation et de ses enjeux ! Découvrez le Hors-série d’Alternatives Internationales (n°15, mai 2014),

Du champ à l’assiette, le tour du monde de l’alimentation et de ses enjeux ! Découvrez le Hors-série d’Alternatives Internationales (n°15, mai 2014), réalisé en partenariat avec l’AFD, le CFSI, le CCFD et l’Institut Veblen.

Pour feuilleter gratuitement ce numéro en version électronique ou le commander : www.alternatives-internationales.fr

 

 

 

 

 

AU SOMMAIRE

Editorial

Des dieux dans la cuisine
Que la Terre compte aujourd'hui encore plus d'un milliard de sous-alimentés n'a rien d'une fatalité !

La clé des champs

La faim, c'est politique
C'est l'intervention des puissances publiques qui a permis d'éradiquer la famine dans l'Europe du XIXe siècle. Pas la main invisible des marchés. Une leçon historique que les gouvernements du XXIe ne semblent pas vouloir retenir.

La fin de la faim, mission impossible ? (Infographie)
En dépit de progrès indéniables selon les statistiques onusiennes - 12  % de la population mondiale souffrent de la faim contre près de 19  % il y a deux décennies – ce fléau n’a pas été éradiqué.

Le Sénégal peut nourrir le Sénégal
Le pays a tous les atouts pour produire du riz de qualité, en quantité suffisante. Mais l'attrait des importations bon marché ne l'incite pas vraiment à réaliser les investissements indispensables pour y parvenir.

L'exception commerciale
La spécificité des céréales et autres denrées alimentaires devrait pousser les États à renouer avec l'esprit des pères fondateurs de ce qui est devenu l'Organisation mondiale du commerce.

À qui profite l'aide agricole en Afrique ?
Redevenue une priorité de la communauté internationale, l'agriculture subsaharienne a vu l'aide étrangère augmenter. Pour le plus grand bonheur du secteur privé.

La révolution verte inachevée
Les campagnes indiennes subviennent difficilement aux besoins de centaines de millions de paysans pauvres. Le système de prix garantis institué par l'État assure certes des débouchés aux producteurs mais il a aussi pour effet d'aggraver les inégalités.

Une PAC à la carte
La politique agricole commune aux Vingt-Huit l'est de moins en moins. Fraîchement réformée, elle permet à chaque État membre de distribuer les aides comme bon lui semble. Plus de liberté pour plus d'inégalités ?

Marchés agricoles : l'accalmie ? (Infographie)
Les consommateurs respirent un peu mieux : le boom des prix des produits agricoles déclenché au milieu des années 2000 sur fond de hausse des prix de l'énergie s'est enfin enrayé depuis deux ans et ce retour au calme devrait être durable.

L'appel de la forêt
Les agriculteurs ont voulu s'en débarrasser pour augmenter les surfaces cultivables. Mais les arbres régénérateurs des terres pourraient bien être les piliers de l'agriculture de demain.

Labourer moins pour gagner plus
Au Laos, l'innovation agronomique qu'est le système de semis direct sur couverture végétale permet aux petits agriculteurs d'améliorer leurs rendements tout en préservant la qualité de leur terre et en renforçant la biodiversité.

Le Nordeste n'a pas d'eau mais il a des idées
Un syndicat paysan du Nordeste brésilien fait la promotion d'un système de récupération des eaux de pluie pour permettre aux producteurs de cultiver toute l'année. Et de se convertir à l'agroécologie.

Une France bio à 3,8 %
La part de surfaces agricoles cultivées sans pesticides et engrais chimiques est encore largement minoritaire. Et elle risque bien de le rester. Pourtant, une France entièrement bio, c'est possible !

La Côte d'Ivoire mise sur les firmes
Maintenant que la croissance est revenue, le gouvernement souhaite donner une deuxième jeunesse à sa première richesse, son secteur agricole. En attirant les géants étrangers plutôt qu'en s'appuyant sur ses propres producteurs.

650 millions de paysans chinois
La Chine a de moins en moins de terres disponibles mais toujours autant de bouches à nourrir. Pour résorber l'exode rural et ne pas aggraver l'insécurité alimentaire, Pékin expérimente l'instauration d'un timide droit à la propriété dans ses campagnes.

L'agriculture sera familiale ou ne sera pas
L'éradication de la faim dans le monde passe par le soutien à l'agriculture familiale et ses centaines de millions de paysans pauvres et non à une agro-industrie destructrice d'emplois.

De l'usine à la cuisine

L'industrie vient en mangeant
Plus le monde s'enrichit, plus l'industrie agroalimentaire grossit. Plus l'industrialisation s'accélère, plus l'alimentation dépend d'une poignée de multinationales, essentiellement occidentales. Une concentration appréciable en termes de coût mais contestable en matière de goût.

Industrie agroalimentaire : la montée des émergents (Infographie)
Depuis le début du XXe siècle, l'industrie agroalimentaire a connu un long processus de concentration dicté par la quête des économies d'échelle : ...

Contrôles, on ne dégraisse plus
Le scandale de la fausse viande de bœuf a mis en lumière la nécessité de renforcer la surveillance de la filière. La France fait déjà beaucoup en la matière, mais elle a beaucoup réduit ses effectifs.

Pâtes alimentaires : la France perd la main (Infographie)
Les Français consomment huit kilos de pâtes par an et par personne, loin du record mondial détenu par les Italiens (26 kg). Si le fait ne surprendra personne, la suite est plus étonnante.

Les biscuits de la colère

Au Pakistan, Mondelez, fabricant américain des célèbres gâteaux Oreo, détourne et contourne toutes les règles en vigueur pour payer le moins possible ses sept cents employés. Des travailleurs qui ne veulent plus se laisser faire.

La voie lactée du profit
Contrairement aux pays occidentaux, la demande en lait augmente rapidement dans les pays du Sud. Un marché porteur pour les industriels du secteur, en quête de nouveaux débouchés et de matière première.

L'industrie africaine frémit
De plus en plus de petites et moyennes entreprises actives dans la transformation des matières agricoles voient le jour. Une bonne nouvelle pour la sécurité alimentaire du continent.

Les Guinéens préfèrent leur huile de palme
Les consommateurs plébiscitent la production artisanale mais les autorités ont décidé de développer une filière industrielle. Qui pourrait demain subir la rude concurrence asiatique.

C'est le vivant qu'on privatise
Les firmes de l'agrobusiness et les laboratoires pharmaceutiques demandent des brevets pour devenir les uniques propriétaires de plantes dont ils veulent exploiter les potentialités médicales et commerciales. Heureusement, la riposte s'organise.

Un Cambodge poivre et sucre
L'introduction d'un label garantissant origine géographique et qualité du sucre et du poivre cambodgiens a permis d'améliorer le quotidien de centaines de petits producteurs.

Trop de label tue le label
Les labels sont trop nombreux pour être vrais. Entre arnaques et marketing, chercheurs et associations doivent faire le ménage afin que les intérêts des consommateurs et des producteurs soient effectivement respectés.

Plus c'est court, meilleur c'est
Acheter et consommer des fruits et légumes cultivés près de chez soi permet de soutenir les agriculteurs locaux, de retrouver le goût de cuisiner et de manger sainement. Plus facile à dire qu'à faire ?

Du bio industriel ? C'est possible
Produire des biens alimentaires en quantité industrielle tout en respectant l'environnement n'est pas contradictoire. Mais cela demande un investissement humain et financier conséquent, de la part du producteur comme du consommateur.

Bien dans son assiette

La culture est éternelle
Dans les deux grandes aires culturelles que sont l'Europe et la Chine, l'art de la bonne chère, le plaisir de cuisiner, les repas autour de la table subissent les assauts d'une industrie qui voudrait mettre le monde entier au même régime. Mais sans y parvenir.

Tous carnivores ? Pas si sûr !
Une généralisation du régime carné occidental est peu probable. Les interdits religieux et culturels envers la viande sont encore très prégnants dans les pays du Sud. Et l'évolution des prix freine la demande.

Un monde de viande (Infographie)

En un demi-siècle, la consommation mondiale de viande a connu un développement fulgurant, passant de 23 kg à 43 kg par an et par habitant en moyenne…

Le poids de l'obésité
Plus les pays émergents s'enrichissent, plus les pèse-personnes y sont en surchauffe. Une maladie du développement aux ravageuses conséquences sanitaires et financières.

Manger sain pour pas cher, ça s'apprend
À Marseille, une équipe de chercheurs suit des habitants des quartiers défavorisés dans leurs courses pour les aider à démêler le faux du marketing du vrai de la diététique.

Döner universel
Le döner kebab, sandwich à la viande grillée agrémenté de salade, tomate et oignon, a quasiment séduit le monde entier. Pas facile de retracer l'histoire de ce succès international, tellement nombreux sont ceux qui en revendiquent l'invention.

Slow food, les démonteurs de McDo
L'ouverture du premier fast-food au cœur de Rome a été l'élément déclencheur de leur révolte. Depuis, ces militants de la bonne bouffe ne jurent que par la qualité, la proximité et la convivialité.

La gastronomie, c'est le Pérou
Portée par un élan national sans faille, la haute cuisine péruvienne s'affirme comme l'une des plus dynamiques du monde. Grâce à un subtil mariage entre tradition et innovation.

Entre deux vins
La mondialisation ou la tradition ? L'uniformisation ou la distinction ? Face aux vins du Nouveau Monde, les vignobles historiques tâtonnent encore pour trouver le bon assemblage.

Se nourrir n'est pas manger
Manger ne peut se réduire à la seule satisfaction des besoins essentiels. Les habitudes alimentaires, individuelles ou collectives, sont révélatrices des tensions et des préoccupations des sociétés.

 

Nourrir le monde

Candidats aux élections européennes : soutenez les agricultures familiales du Sud !

25/03/2014
Contre la faim, soutenez les agricultures familiales du Sud !
En vue des élections européennes du 25 mai  2014, le CFSI a coordonné et participé à la rédaction de propositions à l’attention des partis et candidats, dans le cadre de la commission agriculture et alimentation de Coordination Sud, la plate-forme des ONG françaises de solidarité internationale.

En vue des élections européennes du 25 mai  2014, le CFSI a coordonné et participé à la rédaction de propositions à l’attention des partis et candidats, dans le cadre de la commission agriculture et alimentation de Coordination Sud, la plate-forme des ONG françaises de solidarité internationale.

Ces propositions sont réunies dans le document  : « Contre la faim, soutenez les agricultures familiales du Sud » [2.36Mo.pdf].

Il s’agit du volet « droit à l’alimentation » de la campagne de Coordination Sud, qui demande aux partis et candidats de soutenir 10 propositions : http://www.coordinationsud.org/wp-content/uploads/FINAL-COURT-10-engagements-elections-europeennes-2014.pdf

Nourrir le monde

Défendre et promouvoir l’agriculture familiale

19/11/2013
Défendre et promouvoir l’agriculture familiale
Par Isabelle Duquesne, responsable programme Agriculture et Alimentation du CFSI Article paru dans Afrique Méditerranée Business, novembre 2013

Par Isabelle Duquesne, responsable programme Agriculture et Alimentation du CFSI
Article paru dans Afrique Méditerranée Business, novembre 2013

Les Nations unies ont déclaré 2014 « Année internationale de l’agriculture familiale ». C’est l’occasion de grandes mobilisations pour les organisations paysannes, notamment en Afrique de l’Ouest, afin de faire reconnaître l’efficacité économique globale de ce secteur. En effet, les politiques publiques lui sont peu favorables bien qu’il fournisse 70 à 80 % de l’alimentation consommée dans la sous-région et emploie 60 % de la population active. Dans la publication spécialisée Le Demeter 2014, Nicolas Bricas du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) montre que, si les villes dépendent des importations pour la couverture de 30 % des aliments de base, leurs marchés sont un moteur du développement de l’agriculture locale. Exemple parmi d’autres, l’ONG béninoise Hortitechs a développé en 2008, dans un contexte marquée par les émeutes de la faim, la commercialisation en circuits courts de légumes produits en agro-écologie. Commencée avec 3 agriculteurs livrant 45 familles, l’expérience est désormais en essor : un contrat entre 42 agriculteurs et 350 familles de consommateurs permet un préfinancement de la campagne agricole. Chaque semaine, 2 tonnes de légumes et fruits sont commercialisées. Six emplois ont été créés dans la distribution. Et le réseau d’agriculteurs s’étend, mobilise les collectivités territoriales et les services de l’Etat, tout en essaimant au Togo. D’ici à trois ans, il accueillera 450 producteurs et une centaine de transformatrices. L’offre augmente et se diversifie (viande, céréales) pour approvisionner des cantines scolaires et plus de 1000 familles de consommateurs dans 5 villes.

Ce laboratoire de dynamisation de l’économie locale témoigne donc de la capacité à nourrir les villes dès lors que sont surmontés les obstacles de commercialisation et d’accès au financement. D’autre part, il met en œuvre un modèle agricole d’avenir, productif, résilient au changement climatique, peu dépendant de l’énergie fossile, respectueux de l’environnement et créateur d’emplois. Pour faire reconnaître leur rôle d’acteurs de la sécurité alimentaire, les organisations paysannes sont engagées dans des actionsd de plaidoyer auprès des décideurs. Le cas guinéen est connu : les cultivateurs de pomme de terre ont obtenu du gouvernement le blocage des importations à bas prix pendant la période de disponibilité de la production locale. Une décennie plus tard, le pays est autosuffisant et la « Belle de Guinée », un produit de consommation de masse.

Le secteur agricole familial doit donc influer sur la prise de décision politique. Ainsi, le Réseau des organisations paysannes et des producteurs d’Afrique de l’ouest (Roppa) appelle au respect des accords de Maputo (les gouvernements africains se sont engagés en 2003 à dédier 10 % du PIB à l’agriculture), à l’accélération de la création du marché régional et à l’adoption par les pays de la CEDEAO d’un tarif extérieur commun régional d’au moins 50 % pour protéger l’agriculture vivrière. Dans son rapport de 2013, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) confirme l’importance de l’agriculture familiale en faisant état d’un consensus scientifique qui émerge : petits producteurs et systèmes alimentaires locaux durables détiennent la solution aux problèmes de baisse de la productivité agricole, de conservation des ressources et de lutte contre le changement climatique.

Soutenir les projets du CFSI
En savoir plus sur l'agriculture familiale sur le centre de ressources www.alimenterre.org
Télécharger la ressource originale [345ko.pdf]

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