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Ressources et presse | Comité Français pour la Solidarité Internationale

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  • Type de document : Article et témoignage projet

Coopérer autrement

Algérie : face à la Covid-19, la solidarité intergénérationelle en action

08/10/2020
 jeunes de l'association El Ikram © El Ikram
L’association pour l’orientation et l’animation des jeunes El Ikram met en place des projets culturels et sociaux.

L’association pour l’orientation et l’animation des jeunes El Ikram met en place des projets culturels et sociaux. Elle est active dans de divers domaines liés à la formation, le patrimoine et à la mobilité de jeunes, à la citoyenneté.

Pendant la pandémie, l’association a réalisé plusieurs campagnes de sensibilisation pour lutter contre la Covid-19 et de désinfection dans des hôpitaux, des polycliniques, écoles, universités et autres lieux publics… Elle est notamment intervenue dans la maison de retraite de Lalla Bouna.

Cette activité a permis d’apporter un soutien moral aux pensionnaires qui connaissent maintenant les jeunes par leur prénom et avec qui les échanges par téléphone sont désormais réguliers. Au-delà d’une solidarité intergénérationnelle, un pont entre religions s’est mis en place : cette maison de retraite est en effet dirigée par une mère et des sœurs de confession chrétienne.

Jeunes en train de désinfecter  des centres de santé © El IkramJeune en train de désinfecter un fauteuil roulant © El Ikram

Pour en savoir plus sur les actions de l’association

 

Nourrir le monde

Au Sénégal : la crise Covid-19 pèse sur la capacité à bien se nourrir

08/10/2020
Boulanger pétrissant la farine, Sénégal © Sol
Il y a un an, nous vous présentions un projet porté par notre membre SOL dont l’objectif est de

Il y a un an, nous vous présentions un projet porté par notre membre SOL dont l’objectif est de lutter contre la malnutrition en valorisant les céréales locales.

40 boulangers éloignés de l’emploi et 180 transformatrices dispersés au sein de 72 villages des localités de Diourbel, Kaolack, Kaffrine, Fatick et partiellement les régions de Thiès et Louga, bénéficient de cet accompagnement afin d’apprendre à produire du pain et des beignets en mélangeant farines de blé, mil et maïs.

En effet, en associant ces ingrédients, les qualités nutritives des aliments sont améliorées : le mil et le maïs étant plus riches en nutriments. Ceux-ci apportent le double de minéraux et vitamines par rapport au blé.

Malheureusement, la crise Covid-19 a mis à l’arrêt les activités de formation, de visites d'expérience et de sensibilisation de notre membre SOL sur le terrain. L’accompagnement à la transition agroécologique pour la production des céréales auprès des 150 producteurs est retardé. Du côté des boulangers, une mission de formation d’experts français prévue le 15 mars 2020 a dû être annulée.

Yuna Salmon chargée de projet à Sol au Sénégal, témoigne :

« Dans nos zones d'intervention, nous observons déjà une forte réduction des revenus des ménages ruraux, une augmentation de la charge alimentaire des familles du fait de l'exode urbain et un manque de disponibilité et d'accessibilité des denrées alimentaires qui viennent renforcer l'insécurité alimentaire des familles. 

Les conséquences de la Covid-19 pèsent sur l’ensemble des bénéficiaires de notre projet. Les 3 minoteries (situées à Kaffrine, Kaolack et Diourbel qui produisent la farine issues des céréales locales et dont la gestion implique une quarantaine de personnes) fonctionnent au ralenti du fait de la restriction des déplacements. Les boulangers quant à eux font face à la diminution de l'approvisionnement des boutiques en farine de blé. Ceux qui disposent d'un moulin à proximité et qui ont des stocks de céréales à disposition parviennent à obtenir une farine panifiable a minima. Il en va de même pour les femmes transformatrices dont la vente de beignets est rendue difficile par les mesures de confinement. »

Face aux conséquences de la pandémie, le CFSI et ses membres se mobilisent afin de maintenir le niveau d’activités des projets dans des régions du monde où la situation était déjà précaire avant la crise. Si l’accompagnement physique sur le terrain n’est plus possible, il est nécessaire d’adapter les pratiques de concertation et d’animation des projets. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien. Faites un don.

 

Coopérer autrement

Au Congo Brazzaville, des droits civils pour les populations autochtones

08/10/2020
Réunion de sensibilisation dans un village de populations autochtones © APVPS
La population autochtone du département de la Sangha représente 9 % des 90 000 habitants recensés en 2017 (source : Centre National de la Statistique et des Etudes Ec

La population autochtone du département de la Sangha représente 9 % des 90 000 habitants recensés en 2017 (source : Centre National de la Statistique et des Etudes Economiques et FNUAP). Le niveau de pauvreté y est élevé (le revenu moyen d’un ménage est de 2,5 à 5 fois moins élevé que celui du département) et les familles plus nombreuses (7 personnes en moyenne contre 5).

Depuis 2011, la République du Congo s’est dotée d’une loi pour la promotion et la protection des droits des peuples autochtones. Malgré cela, cette population discriminée voit ses droits régulièrement violés ou non respectés.

75 % des personnes autochtones de la Sangha n’ont pas de pièces d’état civil (acte de naissance) ou d’identité (carte nationale) et aucune d’entre elle n’a accès à la terre.

Systématiquement déplacées lors de projets d’extensions urbains, elles ne peuvent vivre d’activités agricoles, principale source de revenu du département. Elles se retrouvent également privées de droit de vote et d’accès à l’éducation ou à des emplois décents, ces activités nécessitant des papiers d’identité en règle.

C’est ainsi qu’elles survivent en travaillant au service d’autres familles en échange de rémunérations en nature. Non considérées, ces personnes n’osent pas fréquenter les administrations ni les services comme les centres de santé ou les écoles de peur d’être rejetées ou moquées.

De leur côté, par manque de moyens et de structuration, les associations des populations autochtones se retrouvent démunies pour améliorer la situation. Porté par l’Association Professionnelle pour la Valorisation des Produits Forestiers et Subsidiaires (APVPS), ce projet a accompagné 8 leaders associatifs à s’approprier le texte de loi pour créer des parcours et des outils de communication, de sensibilisation à l’attention de la population. Ces campagnes de mobilisation ont été renforcées par l’animation d’émissions radios et l’organisation d’une conférence à l’occasion de la Journée Internationale des Populations Autochtones.

12 institutions publiques ont été impliquées dans la mise en œuvre du projet, notamment l’établissement des actes de naissance et les cartes nationales d’identité et l’octroi des terres aux autochtones. 500 personnes ont pu profiter d’une sensibilisation à leurs droits. 1 000 personnes ont obtenu leur acte de naissance et 600 une carte d’identité. 4 titres de propriété ont été délivrés aux communautés.  

En juillet 2019, le gouvernement congolais a pris des décrets d’application accordant sur le papier des droits à participer à la vie collective. Grâce à ce projet, c’est un meilleur vivre ensemble qui a été rendu possible, dans le respect de tous et de lutte contre des inégalités.

Pour que ce type d’action se développe et se multiplie, nous avons besoin de votre soutien, faites un don.

 

Coopérer autrement

En Guinée : des parcours professionnalisants pour les jeunes ruraux

08/10/2020
Réunion de parents d'une Maison Familiale Rurale en Guinée  © Guinée 44
Constituée à 85 % de personnes de moins de 45 ans et 50 % de moins de 15 ans (source Unice

Constituée à 85 % de personnes de moins de 45 ans et 50 % de moins de 15 ans (source Unicef 2013), la population guinéenne est très jeune. Malheureusement, du fait de l’absence d’un système éducatif adapté (le taux d’alphabétisation atteint 37,6 % chez les hommes de 15 à 24 ans et moins de 22 % chez les femmes du même âge), le taux de chômage atteint 70 %, encourageant à la petite délinquance, à un exode sans espoir d’avenir vers les villes ou encore, à la migration vers la France ou d’autres pays d’Europe.

Cependant, le pays ne manque pas de ressources : 70 % de sa population active dépend du secteur agricole (source MEFR), notamment les femmes, chargées traditionnellement des cultures vivrières. Le développement de débouchés professionnels à destination de la jeunesse dans les filières agricoles s’est donc imposé comme une évidence.

Active dans le pays depuis plus de 25 ans dans le domaine de l’insertion des jeunes, l’ONG internationale Coopération Atlantique Guinée 44, membre du CFSI, développe depuis 2015 un projet de formation professionnelle en alternance à destination des jeunes ruraux de 15 à 35 ans, dans le cadre du programme Coopérer autrement en acteurs de changement.

L’idée est de créer et développer deux Maisons Familiales Rurales (MFR) sur les territoires de Friguiagbé (Kindia) et de Kolaboui (Boké), en partenariat avec les Fédérations départementales des Maisons Familiales Rurales de Sarthe et de Mayenne, le service international de l’Union Nationale des Maisons Familiales Rurales d’Education et d’Orientation (UNMFREO) et la Fédération MFR Monde et grâce au soutien financier de la Région Pays de la Loire. 

Nées dans les années 30, les Maisons Familiales Rurales sont le fruit d'une expérience originale menée dans un petit village du Lot-et-Garonne. Quelques agriculteurs ont eu l’idée d'inventer une formation pour répondre aux besoins de leurs métiers et promouvoir l'éducation des jeunes en milieu rural. Ce modèle qui s’exporte désormais dans le monde entier, laisse une place de choix aux familles afin qu'elles puissent être impliquées dans la vie et l'organisation de chaque Maison.

A ce jour, les 2 MFR sont officiellement constituées en association et sont accompagnées par un animateur afin de renforcer leur capacité organisationnelle et technique. Elles sont en lien avec les Fédérations des MFR françaises et 2 MFR basées au Bénin et au Burkina Faso afin d’échanger les savoirs faire et les expériences pour la conception des parcours pédagogiques. 

Jeunes en formation © Guinée 44Une première expérience de 2 formations courtes en maraîchage et culture de l’ananas ont vu le jour, à destination de 80 producteurs (dont 53 femmes) permettant une réelle prise de responsabilités des parents et des collectivités locales dans l’éducation et l’insertion socioéconomique de leurs enfants. Parmi les avancées concrètes sur le terrain nous pouvons également citer : la reconnaissance de la place des jeunes dans le tissu socioprofessionnel et économique de la région, l’émergence de dynamiques collectives entre les apprenants sortis des MFR et le renforcement de leurs liens avec les organisations paysannes de la région.

Si la crise Covid-19 a mis à l’arrêt certaines activités, deux formations longues de 6 mois sont prévues à partir de l’année 2021 à destination de 40 jeunes, suivies de phases d’accompagnement pour l’installation et l’insertion.

 

Charline Attia, directrice, Guinée 44Pour Guinée 44, l’objectif est de pérenniser l’expérience, développer l’offre de formation (chef d’exploitation agricole, chef d’atelier de transformation…) et dupliquer le modèle, tout en lui trouvant des voies de financement pérennes, auprès notamment des collectivités locales. Enfin, l’offre de formation conçue doit être reconnue au niveau national afin d’entrer dans les programmes officiels de formation.

« Il y a de fortes interdépendances entre nos filières agricoles en France et celles d’Afrique de l’Ouest. Nos modes de consommations ici peuvent causer beaucoup de tort sur la capacité des filières là-bas à créer de l’emploi, notamment s’agissant des filières avicoles et laitières.  [NDLR les importations de surplus de stocks de produits européens à bas coûts concurrencent dangereusement la production locale]. Si nos modes de consommation ici tuent les débouchés économiques là-bas, les jeunes continueront de faire le choix de la migration. »

Texte écrit à partir d’un témoignage de Charline Attia, Directrice Guinée 44, 6 octobre 2020.

Vous aimez ce projet ? Nous avons besoin de votre soutien pour qu’il continue et se développe ! Faites un don.

 

 

Coopérer autrement

Au Congo Brazzaville : l’accès aux biens essentiels et aux masques, une priorité

13/05/2020
Atelier de confection de masques, Congo Brazzaville © Encred
En plus des gestes barrières contre la Covid-19 (équipements, distanciation sociale…), un confinement et un couvre-feu ont été décrétés le 1<

En plus des gestes barrières contre la Covid-19 (équipements, distanciation sociale…), un confinement et un couvre-feu ont été décrétés le 1er avril 2020 sur tout le territoire par le président de la République, empêchant la libre circulation des populations. Bien que les textes aient annoncé la mise à disposition d’autorisations dérogatoires pour les déplacements jugés essentiels, l’obtention d’un laisser-passer n’est pas toujours gratuit.

Face à la pandémie Covid-19, les membres du PCPA Congo se mobilisent pour répondre aux besoins pressants des plus vulnérables et participer aux décisions publiques

La pandémie a mis le pays dos au mur et les membres du PCPA ne sont pas épargnés. Désormais tout tourne au ralenti, lorsque les activités ne sont pas tout simplement arrêtées.

C’est le cas par exemple de l’Œuvre Notre Dame des veufs et orphelins du Congo (ONDVOC), qui a été contrainte d’annuler une émission télévisée sur « les pratiques ancestrales dégradantes des veuves et la promulgation du nouveau code de la famille et des personnes ».

Cependant, malgré ces restrictions, plusieurs membres s’efforcent, seuls ou en collectif, de mener leurs activités habituelles, en plus de celles liées à la pandémie. Ils font du plaidoyer, de la sensibilisation, de la prise en charge psychologique et sociale, de la désinfection de locaux à la demande, de la promotion du jardin potager à domicile pour lutter contre la crise alimentaire, apportent des soins médicaux aux personnes vulnérables, etc.

L’Observatoire congolais des droits des consommateurs (O2CD) a mené un plaidoyer pour l’instauration de la gratuité de l’eau et de l’électricité, ainsi que des « pauses de paiements sur les crédits en cours de remboursement » par les banques et les établissements de micro-finance. Cette action a trouvé gain de cause. En quelques semaines, le président de la République a annoncé la gratuité de ces services élémentaires.

Par ailleurs, le Réseau des intervenants sur le phénomène des enfants en rupture avec les parents (Reiper) mène actuellement des activités de prévention, de référencement et de prise en charge des enfants vulnérables contre les risques sociaux liés au Covid-19, en partenariat avec la Direction départementale des affaires sociales, avec l’appui de l’Unicef.

Enfin, plusieurs membres de Pointe Noire, des Plateaux et de la Cuvette se sont constitués en collectifs pour plaider une implication légitime de la société civile dans le dispositif officiel de riposte au Covid-19.

Faire face à la pénurie de masque

Les membres du Réseau des associations de Djambala en reunion contre le Covid19Une consultation menée auprès des membres du PCPA Congo a montré que le besoin d’équipements de protection est criant, surtout pour ceux agissant dans le domaine de la santé et qui ne peuvent pas observer la distanciation avec leurs patients.

Compte tenu de la hausse des prix et de la rareté de ces produits sur le marché, certains membres du programme se sont lancés dans la fabrication de masques artisanaux, à l’instar de l’association Enfance créatrice de développement (Encred) et de l’Association des Petites sœurs dominicaines du Congo (APSDC) à Brazzaville, de l’Association des couturiers et couturières du Congo-MOD (ACM) à Pointe Noire et de l’association Actions de solidarité internationale (ASI) dans les deux villes précitées. Ces masques sont destinés aux membres, aux bénéficiaires et autres populations sensibilisées.

Au Congo Brazzaville, 46,5 % la population vit en dessous du seuil de pauvreté (1,25 dollar par jour) (source : actualitix 2011). Depuis 2016, le taux d’extrême pauvreté a malheureusement augmenté en raison de la baisse des cours du pétrole, surtout en milieu rural (source : Banque mondiale). Le nombre de personnes basculant dans la grande pauvreté augmentera encore du fait des mesures de confinement, empêchant bon nombre de congolais de gagner leur vie au jour le jour. Afin de soutenir les organisations de la société civile qui se mobilisent courageusement contre la précarité et les inégalités dans un contexte difficile (ex: coupures de courant récurrentes (source RFI, avril 2020), difficultés de circulation...). Faites un don.

 

Coopérer autrement

Au Sénégal, les femmes transformatrices de poisson en grande difficulté

13/05/2020
Femmes vendant du poisson, Sénégal © Essentiel
Dans la lettre d’information du CFSI du mois de mars 2020, nous vous présentions l’un des

Dans la lettre d’information du CFSI du mois de mars 2020, nous vous présentions l’un des 9 projets sélectionnés sur la période 2019-2021 dans le cadre du programme Coopérer autrement en acteurs de changement : « Au Sénégal : une assurance maladie pour les travailleuses en situation de précarité ».

Suite aux mesures prises par le gouvernement sénégalais pour lutter contre la Covid-19, la situation des 250 femmes accompagnées dans le cadre de ce projet s’est détériorée.

Chassées par la police qui redoute les attroupements, les femmes ne peuvent plus s’approvisionner en poisson ou encore occuper leur terrain pour le séchage et la transformation, ce dernier ayant été récupéré par la municipalité. Jusqu’alors organisées en groupement, elles ont préféré s’éparpiller afin d’adapter leur activité en vendant, par exemple, des petits déjeuners. Or, la disparition des groupements fragilise les dynamiques collectives et met fin à toute action prévue de formation. La perte du terrain retarde l’installation des équipements prévus : fumoirs, claies de séchage…

Pour rappel, les transformatrices de poisson de Yenne et Mbao travaillent déjà dans des conditions extrêmement précaires, sans protection sociale. En outre, elles sont confrontées à un problème de surpêche étrangère dans la région. Face à l’impossibilité d’accéder à des stocks suffisants de poisson du fait de cette surpêche, l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas), partenaire du projet, a saisi la FAO, les ministères et la mairie. L’enjeu est de maintenir en vie les groupements de femmes, pour permettre la continuité du projet et plus largement, leur activité collective.

Ce contexte de pandémie, comme partout dans le monde, fragilise un peu plus les acteurs de l’économie informelle déjà confrontés à une importante précarité. Plus que jamais le CFSI et ses partenaires ont besoin de votre soutien afin de soutenir et pérenniser les activités en faveur des plus vulnérables. Faites un don.

 

Nourrir le monde

Innover face à la crise : avec Acting for Life au Bénin, au Burkina Faso et au Togo

13/05/2020
Sensibilisation dans les écoles, Burkina Faso © Martin Demay Rasca Production
Le programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao), porté par le CFSI et la Fondation de France, soutient plusieurs

Le programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao), porté par le CFSI et la Fondation de France, soutient plusieurs initiatives d’Acting For Life, partenaire des organisations ouest-africaines Hortitechs, la Confédération paysanne du Faso (CPF) et Oadel qui travaillent en faveur de l’agriculture familiale au Bénin, au Burkina Faso et au Togo.

Alors que dans ces trois pays, l’agriculture contribue à hauteur d’environ 35 % du PIB et emploie au moins deux tiers de la population active (80 % pour le Burkina Faso), cette activité ne protège les paysans ni de l’insécurité alimentaire ni de la pauvreté. Le manque de politiques de soutien, la faible valorisation des produits locaux et la concurrence des produits alimentaires importés à bas prix constituent un frein au développement des productions locales.

L’objectif de cet accompagnement est de donner les moyens aux exploitations familiales de trouver des débouchés de vente réguliers. Créé il y a plus de 40 ans par du personnel d’Air France, Acting for Life travaille avec le groupe Servair, première entreprise française de restauration aérienne et de nettoyage cabine. Cette dernière s’est proposée comme acheteur principal auprès des producteurs de fruits et légumes et des transformateurs (de riz, jus de fruits, etc.), accompagnés par les organisations Oadel au Togo, Hortitechs Développement au Bénin et CPF au Burkina Faso. Ce partenariat permet de distribuer des plats préparés à partir de produits locaux auprès d’entreprises, compagnies aériennes, bars-restaurants et cantines scolaires.

La crise Covid-19 vient bouleverser les projets en cours. Avec la fermeture soudaine des écoles, des entreprises, des hôtels et des restaurants, Estelle Dandoy d’Acting For Life témoigne d’une situation difficile. Malgré cela, les partenaires locaux s’adaptent et innovent pour trouver d’autres canaux de distribution.

« Si les conditions de production ne sont pas encore affectées par la crise, la commercialisation l’est beaucoup plus. Certains débouchés commerciaux sont littéralement bloqués, à l’instar des nombreux marchés, entreprises, hôtels et restaurants fermés. Plus spécifiquement, sur les projets que nous suivons, la commercialisation des denrées agricoles est arrêtée auprès des communes qui approvisionnent normalement les écoles au Burkina Faso (ces dernières étant fermées), des entreprises telles que Servair (fortement liée au transport aérien) ou du restaurant universitaire de Lomé, ou encore de certains maquis (restaurants de rue) qui préparent habituellement les repas pour les ateliers et séminaires (les regroupements étant interdits). »

La crise peut aussi représenter une opportunité économique pour les exploitations familiales et les transformateurs de proximité. À l’heure où de nombreux marchés ferment, les ventes, en circuits courts, sur commandes et à domicile, peuvent se développer. 

« Au Bénin, par exemple, une application " Bénin Restoo " a été créée pour développer la vente de plats préparés à domicile. Acting For Life accompagne ainsi l’Amap Bénin, notamment à travers la création de nouveaux outils marketing, afin que les produits locaux gagnent de nouvelles parts de marché et que les habitudes d’achats changent (incitation à l’achat local).

Au Burkina Faso, les organisations de producteurs que nous accompagnons dans la région des Cascades avec la CPF, ne pouvant plus écouler leurs produits dans les cantines scolaires, ont mis en place un groupe WhatsApp pour se faire connaître des autres acheteurs publics (maisons d’arrêt, hôpitaux) et écouler leurs produits. »

Le 15 juin 2020, nous célébrons la Journée mondiale contre la faim. La crise du Covid-19 aggrave une situation déjà structurellement difficile pour l’agriculture familiale. Il est plus que jamais nécessaire de défendre ces systèmes agricoles et alimentaires qui privilégient des produits locaux, durables, en circuits courts et qui permettent aux producteurs et transformateurs de vivre dignement de leur travail, tout en assurant aux consommateurs une alimentation saine et de qualité. Soutenez les actions du CFSI, faites un don.

 

Coopérer autrement

Algérie : la jeunesse se mobilise contre la Covid-19

13/05/2020
Jeune en train de faire de la sensibilisation au Covid-19 à Skida © Bariq 21
Dans cette période de crise sanitaire inédite et déstabilisante, les 120 associations membres du programme Joussour se mobilisent pour répondre aux besoins des personnes

Dans cette période de crise sanitaire inédite et déstabilisante, les 120 associations membres du programme Joussour se mobilisent pour répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables.

Sensibilisation de la population aux gestes barrières avec l’association Bariq 21, mise à disposition de locaux à destination du personnel soignant avec l’association FASDE, accompagnement et soutien psychologique pour les familles dont les enfants sont en situation de handicap avec l’association SARP, assistance téléphonique pour lutter contre les violences faites aux femmes avec l’association FARD, soutien aux maisons de retraite avec l’association El Ikram de Annab, création de cursus de formation à distance… Plus que jamais, citoyenneté et solidarité prennent sens auprès des jeunes. Si vous souhaitez soutenir les actions du CFSI, faites un don.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

#RestezChezVous : Découvrez la vidéo de 19 jeunes d’Aubervilliers – dont la ville est membre de Joussour - pour mieux vivre le confinement.

Nourrir le monde

Covid-19 – Quelle situation en Afrique de l’Ouest ?

13/05/2020
Vente en kiosque, Burkina Faso © Upromabio
Dans une tribune parue le 23 avril dernier, 100 membres de Cités Unies France, association nationale qui regroupe les colle

Dans une tribune parue le 23 avril dernier, 100 membres de Cités Unies France, association nationale qui regroupe les collectivités territoriales françaises engagées dans l’action internationale depuis 1975, rappelaient qu’« agir localement tout en garantissant une action internationale, c’est la voie pour que cette lutte soit efficace et, surtout, pour éviter la propagation du virus dans des zones pour le moment encore peu touchées. » À cet effet, l’association annonçait avoir lancé « un fonds de solidarité, alimenté par les collectivités françaises, destiné à soutenir les collectivités territoriales africaines dans leurs efforts quotidiens pour venir en appui à la population avant, pendant, mais aussi après la crise » (source : « Nous, élus locaux de France, sommes particulièrement inquiets pour le continent africain » le Monde Afrique, 23 avril 2020).

En tant qu’acteur de la coopération et de la solidarité internationale, le CFSI souhaite faire écho à cet appel, en relayant une série de témoignages recueillis du 2 au 15 avril 2020 sur la situation dans les pays où il est présent à travers l’action de ses membres et partenaires.

Une crise sanitaire qui menace la sécurité alimentaire et les exploitations familiales …

La perturbation de la chaîne d’approvisionnement alimentaire fait craindre une augmentation de la sous-nutrition et de la malnutrition du fait de la flambée des prix sur certaines denrées, l’impossibilité pour les enfants d’accéder à la cantine scolaire, l’appauvrissement des paysannes et paysans réduits à laisser pourrir leurs récoltes sans possibilité d’accéder aux marchés.

« La fermeture des marchés hebdomadaires affecte sévèrement beaucoup d'exploitations familiales ; la baisse de mobilité entraîne la fermeture de plusieurs restaurants insérés dans les chaînes de produits locaux. Quand ceux qui produisent l'essentiel des denrées vivrières et qui représentent plus de 60% des consommateurs de produits alimentaires sont "touchés", il y a problème. La solution durable est de permettre aux paysannes et paysans de produire et de maintenir leur pouvoir d’achat. » Mar Ngom, FONGS (Sénégal). Pour en savoir plus, lire l’article « Innover face à la crise avec Acting For Life ».

 « Pour les producteurs, la situation devient très difficile car les ventes ont beaucoup baissé sur les marchés ruraux. Autant dire que les légumes et autres récoltes périssables seront majoritairement perdus après plusieurs mois de durs labeurs. » Karfa Diallo, Enda Pronat (Sénégal).

…  et qui exacerbe les inégalités sociales

Dans les quartiers pauvres qui accueillent 70 % des habitants des villes, sans accès à l’eau potable, impossible de respecter ni le confinement, ni les gestes barrières. Chargées de la famille mais aussi des petits commerces informels de rue ou du transport de l’eau, les femmes sont en première ligne face au virus.

« Si la situation risque d’être pire dans les zones rurales car tous les marchés hebdomadaires arrêtés constituent les rares activités économiques d'envergure, ce sont les quartiers populaires de la capitale qui constituent de véritables poudrières. Le secteur informel [NDLA: sur lequel repose 80 % de l’économie africaine] assure à la majorité des familles de ces quartiers des revenus indispensables à l'accès à la nourriture. Il y a déjà beaucoup d'actes de défiance au couvre-feu, et tout autre resserrement du confinement peut déclencher un soulèvement. » Karfa Diallo, Enda Pronat (Sénégal)

« Pour l’unité de transformation du bissap, chaque année nous recrutons 20 femmes mais cette année nous n’en avons pris que 10. Pour la transformation de la mangue, on emploie 60 femmes, cette année ce sera 30. Notre production va chuter de 50 %. » Eugène Millogo, Upromabio (Burkina Faso). Pour en savoir plus, lire l’article « Au Sénégal, les femmes transformatrices de poisson en grande difficulté ».

« Des éleveurs sont déjà obligés de vendre à moitié prix leur production. Il arrive même qu'ils troquent. En fait, ils sont en train de décapitaliser pour faire face à la situation. On entrera bientôt dans une situation de crise. » Adja Sene, Apess (Sénégal). Pour en savoir plus, lire l’article « Covid-19 et crise laitière : N’exportons pas nos problèmes ! ».

Innover pour rendre les produits locaux accessibles à toutes et tous

Les structures soutenues par le programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao) se mobilisent pour innover et faire en sorte que les produits locaux soient distribués et accessibles à ceux qui en ont besoin.

Cette crise sanitaire questionne nos modèles de production, de consommation et de transactions, en particulier pour les produits agricoles. Le modèle productiviste, dans un système mondialisé dérégulé, dégrade les écosystèmes et représente une impasse pour la pérennité et le développement de l’agriculture familiale. Les systèmes alimentaires durables fondés sur une gestion économe des ressources naturelles sont une nécessité et une réelle opportunité pour les économies rurales. » Estelle Dandoy, Acting For Life (Burkina Faso, Togo). Pour en savoir plus, lire l’article « Innover face à la crise avec Acting For Life ».

Plus que jamais en ces temps troublés, nous avons besoin de votre soutien pour que chacun puisse vivre dignement et contribuer à reconstruire un monde plus juste et solidaire. Soutenez nos actions, faites un don.

Nourrir le monde

Témoignage : Covid-19 et risques sur la sécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest

05/05/2020
Distribution de fruits et légumes, Sénégal © Enda Pronat
Alors que 53 pays africains sur 54 sont atteints par le coronavirus (voir ici la carte évolutive), Karfa Diallo d’Enda Pronat au Sénégal, association soutenue par le CFSI depuis 2014, se mobilise auprès des exploitations familiales pour sauver la production de la région maraîchère des Niayes. 80 % de la production horticole sénégalaise et plus particulièrement, l'approvisionnement de l'agglomération dakaroise en produits frais, dépendent de cette région.

Alors que 53 pays africains sur 54 sont atteints par le coronavirus (voir ici la carte évolutive), Karfa Diallo d’Enda Pronat au Sénégal, association soutenue par le CFSI depuis 2014, se mobilise auprès des exploitations familiales pour sauver la production de la région maraîchère des Niayes. 80 % de la production horticole sénégalaise et plus particulièrement, l'approvisionnement de l'agglomération dakaroise en produits frais, dépendent de cette région.

« Le circuit court que nous avons mis en place avec la coopérative Sell Sellal repose sur des exploitations familiales de la région de Thiès avec des ventes en gros dans les marchés de proximité, des marchés de niche et des clients institutionnels (cantine scolaire, crèche, entreprises...) à Dakar, c'est-à-dire à 70 km.

La fermeture des marchés territoriaux et l'interdiction de transport, au moment même où les récoltes battent leur plein, affectent fortement les revenus des ménages. Après plusieurs mois de dur labeur, les légumes et autres denrées périssables seront majoritairement perdus.

Ainsi, ces familles pauvres risquent d’être plongées dans une situation d’insécurité alimentaire sans précédent. Fort de ce constat, Enda Pronat fait tout son possible pour soutenir les exploitations familiales afin de parer à la crise alimentaire qui guette. Notre mission est de leur apporter une aide d’urgence. »

Propos recueillis par téléphone le 20 avril 2020.

Le CFSI quant à lui rappelle que plus que jamais, si nous voulons éviter une hécatombe sanitaire et une insécurité alimentaire, la coopération internationale est nécessaire pour empêcher une envolée des prix sur les marchés, un gaspillage des ressources alimentaires et un effondrement dramatique de l'économie mondiale. Plus particulièrement en Afrique de l'Ouest, le CFSI appelle à la solidarité pour défendre l'agriculture familiale et paysanne et les métiers artisanaux qui permettent aux populations de vivre de leur travail et de produire une alimentation saine et durable à base de produits locaux. Faites un don. 

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