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  • Thème : Nourrir le monde

Nourrir le monde

Innover face à la crise : avec Acting for Life au Bénin, au Burkina Faso et au Togo

13/05/2020
Sensibilisation dans les écoles, Burkina Faso © Martin Demay Rasca Production
Le programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao), porté par le CFSI et la Fondation de France, soutient plusieurs

Le programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao), porté par le CFSI et la Fondation de France, soutient plusieurs initiatives d’Acting For Life, partenaire des organisations ouest-africaines Hortitechs, la Confédération paysanne du Faso (CPF) et Oadel qui travaillent en faveur de l’agriculture familiale au Bénin, au Burkina Faso et au Togo.

Alors que dans ces trois pays, l’agriculture contribue à hauteur d’environ 35 % du PIB et emploie au moins deux tiers de la population active (80 % pour le Burkina Faso), cette activité ne protège les paysans ni de l’insécurité alimentaire ni de la pauvreté. Le manque de politiques de soutien, la faible valorisation des produits locaux et la concurrence des produits alimentaires importés à bas prix constituent un frein au développement des productions locales.

L’objectif de cet accompagnement est de donner les moyens aux exploitations familiales de trouver des débouchés de vente réguliers. Créé il y a plus de 40 ans par du personnel d’Air France, Acting for Life travaille avec le groupe Servair, première entreprise française de restauration aérienne et de nettoyage cabine. Cette dernière s’est proposée comme acheteur principal auprès des producteurs de fruits et légumes et des transformateurs (de riz, jus de fruits, etc.), accompagnés par les organisations Oadel au Togo, Hortitechs Développement au Bénin et CPF au Burkina Faso. Ce partenariat permet de distribuer des plats préparés à partir de produits locaux auprès d’entreprises, compagnies aériennes, bars-restaurants et cantines scolaires.

La crise Covid-19 vient bouleverser les projets en cours. Avec la fermeture soudaine des écoles, des entreprises, des hôtels et des restaurants, Estelle Dandoy d’Acting For Life témoigne d’une situation difficile. Malgré cela, les partenaires locaux s’adaptent et innovent pour trouver d’autres canaux de distribution.

« Si les conditions de production ne sont pas encore affectées par la crise, la commercialisation l’est beaucoup plus. Certains débouchés commerciaux sont littéralement bloqués, à l’instar des nombreux marchés, entreprises, hôtels et restaurants fermés. Plus spécifiquement, sur les projets que nous suivons, la commercialisation des denrées agricoles est arrêtée auprès des communes qui approvisionnent normalement les écoles au Burkina Faso (ces dernières étant fermées), des entreprises telles que Servair (fortement liée au transport aérien) ou du restaurant universitaire de Lomé, ou encore de certains maquis (restaurants de rue) qui préparent habituellement les repas pour les ateliers et séminaires (les regroupements étant interdits). »

La crise peut aussi représenter une opportunité économique pour les exploitations familiales et les transformateurs de proximité. À l’heure où de nombreux marchés ferment, les ventes, en circuits courts, sur commandes et à domicile, peuvent se développer. 

« Au Bénin, par exemple, une application " Bénin Restoo " a été créée pour développer la vente de plats préparés à domicile. Acting For Life accompagne ainsi l’Amap Bénin, notamment à travers la création de nouveaux outils marketing, afin que les produits locaux gagnent de nouvelles parts de marché et que les habitudes d’achats changent (incitation à l’achat local).

Au Burkina Faso, les organisations de producteurs que nous accompagnons dans la région des Cascades avec la CPF, ne pouvant plus écouler leurs produits dans les cantines scolaires, ont mis en place un groupe WhatsApp pour se faire connaître des autres acheteurs publics (maisons d’arrêt, hôpitaux) et écouler leurs produits. »

Le 15 juin 2020, nous célébrons la Journée mondiale contre la faim. La crise du Covid-19 aggrave une situation déjà structurellement difficile pour l’agriculture familiale. Il est plus que jamais nécessaire de défendre ces systèmes agricoles et alimentaires qui privilégient des produits locaux, durables, en circuits courts et qui permettent aux producteurs et transformateurs de vivre dignement de leur travail, tout en assurant aux consommateurs une alimentation saine et de qualité. Soutenez les actions du CFSI, faites un don.

 

Nourrir le monde

Covid-19 – Quelle situation en Afrique de l’Ouest ?

13/05/2020
Vente en kiosque, Burkina Faso © Upromabio
Dans une tribune parue le 23 avril dernier, 100 membres de Cités Unies France, association nationale qui regroupe les colle

Dans une tribune parue le 23 avril dernier, 100 membres de Cités Unies France, association nationale qui regroupe les collectivités territoriales françaises engagées dans l’action internationale depuis 1975, rappelaient qu’« agir localement tout en garantissant une action internationale, c’est la voie pour que cette lutte soit efficace et, surtout, pour éviter la propagation du virus dans des zones pour le moment encore peu touchées. » À cet effet, l’association annonçait avoir lancé « un fonds de solidarité, alimenté par les collectivités françaises, destiné à soutenir les collectivités territoriales africaines dans leurs efforts quotidiens pour venir en appui à la population avant, pendant, mais aussi après la crise » (source : « Nous, élus locaux de France, sommes particulièrement inquiets pour le continent africain » le Monde Afrique, 23 avril 2020).

En tant qu’acteur de la coopération et de la solidarité internationale, le CFSI souhaite faire écho à cet appel, en relayant une série de témoignages recueillis du 2 au 15 avril 2020 sur la situation dans les pays où il est présent à travers l’action de ses membres et partenaires.

Une crise sanitaire qui menace la sécurité alimentaire et les exploitations familiales …

La perturbation de la chaîne d’approvisionnement alimentaire fait craindre une augmentation de la sous-nutrition et de la malnutrition du fait de la flambée des prix sur certaines denrées, l’impossibilité pour les enfants d’accéder à la cantine scolaire, l’appauvrissement des paysannes et paysans réduits à laisser pourrir leurs récoltes sans possibilité d’accéder aux marchés.

« La fermeture des marchés hebdomadaires affecte sévèrement beaucoup d'exploitations familiales ; la baisse de mobilité entraîne la fermeture de plusieurs restaurants insérés dans les chaînes de produits locaux. Quand ceux qui produisent l'essentiel des denrées vivrières et qui représentent plus de 60% des consommateurs de produits alimentaires sont "touchés", il y a problème. La solution durable est de permettre aux paysannes et paysans de produire et de maintenir leur pouvoir d’achat. » Mar Ngom, FONGS (Sénégal). Pour en savoir plus, lire l’article « Innover face à la crise avec Acting For Life ».

 « Pour les producteurs, la situation devient très difficile car les ventes ont beaucoup baissé sur les marchés ruraux. Autant dire que les légumes et autres récoltes périssables seront majoritairement perdus après plusieurs mois de durs labeurs. » Karfa Diallo, Enda Pronat (Sénégal).

…  et qui exacerbe les inégalités sociales

Dans les quartiers pauvres qui accueillent 70 % des habitants des villes, sans accès à l’eau potable, impossible de respecter ni le confinement, ni les gestes barrières. Chargées de la famille mais aussi des petits commerces informels de rue ou du transport de l’eau, les femmes sont en première ligne face au virus.

« Si la situation risque d’être pire dans les zones rurales car tous les marchés hebdomadaires arrêtés constituent les rares activités économiques d'envergure, ce sont les quartiers populaires de la capitale qui constituent de véritables poudrières. Le secteur informel [NDLA: sur lequel repose 80 % de l’économie africaine] assure à la majorité des familles de ces quartiers des revenus indispensables à l'accès à la nourriture. Il y a déjà beaucoup d'actes de défiance au couvre-feu, et tout autre resserrement du confinement peut déclencher un soulèvement. » Karfa Diallo, Enda Pronat (Sénégal)

« Pour l’unité de transformation du bissap, chaque année nous recrutons 20 femmes mais cette année nous n’en avons pris que 10. Pour la transformation de la mangue, on emploie 60 femmes, cette année ce sera 30. Notre production va chuter de 50 %. » Eugène Millogo, Upromabio (Burkina Faso). Pour en savoir plus, lire l’article « Au Sénégal, les femmes transformatrices de poisson en grande difficulté ».

« Des éleveurs sont déjà obligés de vendre à moitié prix leur production. Il arrive même qu'ils troquent. En fait, ils sont en train de décapitaliser pour faire face à la situation. On entrera bientôt dans une situation de crise. » Adja Sene, Apess (Sénégal). Pour en savoir plus, lire l’article « Covid-19 et crise laitière : N’exportons pas nos problèmes ! ».

Innover pour rendre les produits locaux accessibles à toutes et tous

Les structures soutenues par le programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao) se mobilisent pour innover et faire en sorte que les produits locaux soient distribués et accessibles à ceux qui en ont besoin.

Cette crise sanitaire questionne nos modèles de production, de consommation et de transactions, en particulier pour les produits agricoles. Le modèle productiviste, dans un système mondialisé dérégulé, dégrade les écosystèmes et représente une impasse pour la pérennité et le développement de l’agriculture familiale. Les systèmes alimentaires durables fondés sur une gestion économe des ressources naturelles sont une nécessité et une réelle opportunité pour les économies rurales. » Estelle Dandoy, Acting For Life (Burkina Faso, Togo). Pour en savoir plus, lire l’article « Innover face à la crise avec Acting For Life ».

Plus que jamais en ces temps troublés, nous avons besoin de votre soutien pour que chacun puisse vivre dignement et contribuer à reconstruire un monde plus juste et solidaire. Soutenez nos actions, faites un don.

Nourrir le monde

Témoignage : Covid-19 et risques sur la sécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest

05/05/2020
Distribution de fruits et légumes, Sénégal © Enda Pronat
Alors que 53 pays africains sur 54 sont atteints par le coronavirus (voir ici la carte évolutive), Karfa Diallo d’Enda Pronat au Sénégal, association soutenue par le CFSI depuis 2014, se mobilise auprès des exploitations familiales pour sauver la production de la région maraîchère des Niayes. 80 % de la production horticole sénégalaise et plus particulièrement, l'approvisionnement de l'agglomération dakaroise en produits frais, dépendent de cette région.

Alors que 53 pays africains sur 54 sont atteints par le coronavirus (voir ici la carte évolutive), Karfa Diallo d’Enda Pronat au Sénégal, association soutenue par le CFSI depuis 2014, se mobilise auprès des exploitations familiales pour sauver la production de la région maraîchère des Niayes. 80 % de la production horticole sénégalaise et plus particulièrement, l'approvisionnement de l'agglomération dakaroise en produits frais, dépendent de cette région.

« Le circuit court que nous avons mis en place avec la coopérative Sell Sellal repose sur des exploitations familiales de la région de Thiès avec des ventes en gros dans les marchés de proximité, des marchés de niche et des clients institutionnels (cantine scolaire, crèche, entreprises...) à Dakar, c'est-à-dire à 70 km.

La fermeture des marchés territoriaux et l'interdiction de transport, au moment même où les récoltes battent leur plein, affectent fortement les revenus des ménages. Après plusieurs mois de dur labeur, les légumes et autres denrées périssables seront majoritairement perdus.

Ainsi, ces familles pauvres risquent d’être plongées dans une situation d’insécurité alimentaire sans précédent. Fort de ce constat, Enda Pronat fait tout son possible pour soutenir les exploitations familiales afin de parer à la crise alimentaire qui guette. Notre mission est de leur apporter une aide d’urgence. »

Propos recueillis par téléphone le 20 avril 2020.

Le CFSI quant à lui rappelle que plus que jamais, si nous voulons éviter une hécatombe sanitaire et une insécurité alimentaire, la coopération internationale est nécessaire pour empêcher une envolée des prix sur les marchés, un gaspillage des ressources alimentaires et un effondrement dramatique de l'économie mondiale. Plus particulièrement en Afrique de l'Ouest, le CFSI appelle à la solidarité pour défendre l'agriculture familiale et paysanne et les métiers artisanaux qui permettent aux populations de vivre de leur travail et de produire une alimentation saine et durable à base de produits locaux. Faites un don. 

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Au Niger : une éleveuse témoigne « Sauvons le lait local »

25/02/2020
Rekia Siwa © cfsi 2019
Depuis 2019 le CFSI anime en France la campagne « N’exportons pas nos prob

Depuis 2019 le CFSI anime en France la campagne « N’exportons pas nos problèmes », une initiative d’ONG belges et françaises née en soutien à une campagne ouest-africaine « Mon lait est local ». Portée par des organisations d’éleveurs et de transformateurs du Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad, cette dernière a été lancée en 2018 afin de promouvoir le lait local et demander des politique laitières durables en Afrique.

Rekia Siwa productrice et transformatrice de lait au Niger, présidente du collectif des femmes du Réseau des organisations des pasteurs et éleveurs du Niger (Ropen) et membre de la coalition « Mon lait est local » du Niger, nous parle des difficultés des éleveurs face aux changements climatiques et à la concurrence des importations de poudre de lait venues d'Europe.

Découvrir son témoignage sur notre chaine Youtube :

Sur le même thème, écouter le témoignage de Maïrama Haman Bello, responsable formation professionnelle à l’Apess Cameroun.

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En Guinée-Bissau, des femmes se mobilisent pour défendre une huile de palme durable

25/02/2020
Formation à l'utilisation de la presse, Guinée Bissau © Grdr – Amap Bénin
Dans la région de Cacheu au nord de la Guinée-Bissau, 600 femmes vivent de l’extraction et de la transformation de l’huile de palme.

Dans la région de Cacheu au nord de la Guinée-Bissau, 600 femmes vivent de l’extraction et de la transformation de l’huile de palme. La forêt où poussent les palmiers sauvages occupe 8 % du territoire.

Riche en vitamines A et E, l’huile de palme est centrale dans l’alimentation et la culture des familles rurales. Pourtant, à cause d’un équipement peu adapté, les travaux de cueillette, de transformation et de conservation des fruits à huile sont pénibles et exigeants. Le rendement est faible.

L’activité traditionnelle de ces femmes est concurrencée par l’huile de palme industrielle de Côte d’Ivoire et menacée par la déforestation en faveur de la production de bois de charpente.

Le Grdr, membre du CFSI, accompagne ces femmes depuis 2015 afin qu’elles conservent et développent leur activité vers les marchés de la région. En certifiant leur production « huile de palme durable et de qualité », l’objectif est non seulement de préserver la biodiversité de la forêt mais également de nourrir les populations locales avec des produits à prix accessibles et de bonne qualité nutritionnelle.

Presse, fûts, bassines, seaux, tamis, bâches, brouettes … La première phase du projet s’est concentrée sur la fourniture de matériel et la formation des femmes aux techniques de production.

« Avec la presse, on produit plus rapidement, sans difficultés et avec un meilleur rendement. Les bâches reçues sont de très bonne qualité et ont beaucoup aidé à la production d’huile de palme propre car le séchage des noix se faisait à même le sol et en cas d’averse, on ramassait le sol en même temps. Les brouettes ont été très utiles dans le transport des noix de palme mais aussi de l’huile produite vers la route pour la commercialisation. Les unités de transformation ont regroupé l’ensemble des productrices dans un seul lieu, facilité la production surtout pendant la saison des pluies et ont servi à protéger contre les contaminations bactériennes », témoigne Ana Gomes, membre du comité de gestion des équipements du groupement Batoumnafood de Bounocli.

La seconde étape consiste désormais à développer les débouchés commerciaux, en ciblant plus particulièrement les marchés de Canchungo, Bissau et Ziguinchor (Sénégal). Il s’agit de renforcer les capacités de négociation des femmes avec les autres acteurs de la filière : service de l’État, distributeurs, organisations de consommateurs afin de promouvoir leurs produits.

Au total, ce projet ambitionne de soutenir 480 familles jusqu’à fin 2020. Pour que ces femmes conservent leur indépendance, elles ont besoin de votre soutien.

Pour en savoir plus sur ce projet, lisez l'interview de Abdou Seydou Mané, référent « développement rural » au Grdr.

Ce projet fait partie des projets sélectionnés dans le cadre du programme CFSI-Fondation de France « Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest ». Pour soutenir de nouvelles initiatives, le CFSI a besoin de votre soutien. Faîtes un don !

 

Nourrir le monde

En Guinée-Bissau : les femmes développent le sel durable dans les mangroves !

11/12/2019
Alberta Sambé, productrice de sel à N’Tchugal © Univers-Sel
Dans les mangroves d’Afrique de l’Ouest, la saliculture est pratiquée exclusivement par des femmes, dont elle assure 57 % des revenus.

Dans les mangroves d’Afrique de l’Ouest, la saliculture est pratiquée exclusivement par des femmes, dont elle assure 57 % des revenus.

Avec 2 000 à 3 000 tonnes de sel par an, la région Oio est la principale zone de production de sel en Guinée-Bissau.

Les femmes grattent la surface des terres salées puis filtrent la matière obtenue à l’eau de mer. Cette saumure est alors chauffée sur le feu pour en extraire le sel. Cette technique traditionnelle de production de sel est fortement consommatrice de bois de cuisson et exerce une importante pression sur la mangrove. 9 000 tonnes de bois de cuisson sont nécessaires chaque année pour obtenir 3 000 tonnes de sel. De plus, les femmes inhalent pendant des heures des vapeurs toxiques.

Univers-Sel, une association de paludiers de Guérande, membre du CFSI, s’est inspirée de la technique des marais salants utilisée en France, où les bassins naturels réchauffent l’eau et la filtrent naturellement. 

Adaptée au contexte africain, cette technique solaire est simple : au lieu d’utiliser le bois de chauffe pour faire cristalliser le sel, les saumures sont disposées sur des bâches où la cristallisation se fait sous l’effet du soleil et du vent.

Le coût d’une bâche est faible. Son utilisation permet de produire jusqu’à 1 tonne de « sel solaire » par bâche et par saison et réduit les coûts d’exploitation de 42 % par l’économie d’achat de bois de cuisson. Ces bâches pourront ensuite être réutilisées, par exemple pour isoler les toits des maisons.

« Cette nouvelle technique nous a beaucoup apporté. Nous avons pu produire du sel sans la fatigue que nous connaissions avant, sans feu, sans porter de bois, sans transporter d’eau. Tout cela nous épuisait, c’était dur. Mais à présent le travail s’est allégé, nous avons même produit davantage que les années précédentes. » Alberta Sambé, productrice de sel à N’Tchugal (secteur de Mansoa)

À l’horizon 2020, ce projet vise à diffuser cette technique de production de sel solaire dans une quarantaine de villages comptant 1 500 familles. Vous avez aimé ce projet ? Le CFSI a besoin de votre soutien, Faites un don.

 

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Au menu du festival ALIMENTERRE : une ouverture sur le monde

11/12/2019
Oumou Khairy Diallo en visite dans un élevage de vaches © CFSI, 2019
Chaque année, plusieurs invités internationaux viennent témoigner de leurs expériences pendant une quinzaine de jours à travers la France dans le cadre du festival ALIMENTERRE.

Chaque année, plusieurs invités internationaux viennent témoigner de leurs expériences pendant une quinzaine de jours à travers la France dans le cadre du festival ALIMENTERRE.

Ils se joignent au millier d’intervenants pour assurer un regard croisé des enjeux et des solutions dans le monde, pour une agriculture et une alimentation durables et solidaires. Du 12 au 26 novembre 2019, le CFSI a accueilli des invités venus du Sénégal et de Guinée-Conakry.

 

 

Pour Seyni Kebe, artisan du projet des cantines scolaires de la région de Dakar en tant que chargé de mission du GRDR, membre du CFSI, cette tournée, « ce marathon » comme il aime l’appeler, est une belle réussite. Si toutes les interventions se sont bien passées, il a pu constater la difficulté de convaincre sur les sujets d’une meilleure alimentation, particulièrement lorsqu’il est question de public scolaire. Il note que les débats sont plus efficaces lorsqu’ils ont lieu en petits groupes et qu’ils sont structurés par une animation dont les élèves sont les acteurs. De même, les débats associant plusieurs intervenants aux points de vue divergents renforcent davantage les discussions. Il a pu rencontrer différents types d’acteurs du territoire et est allé visiter plusieurs systèmes de restauration collective ainsi que plusieurs initiatives alimentaires territoriales. Dans l’ensemble, Seyni garde un très bon souvenir de cette tournée et compte bien poursuivre ses activités vers l’élaboration de systèmes agroalimentaires durables et solidaires au Sénégal.

Kerfalla Camara, directeur de la Maison guinéenne de l'entrepreneur, a l’habitude de dispenser des formations et de réaliser un travail de sensibilisation auprès des acteurs locaux. La tournée a été « très enrichissante » pour Kerfalla, Il a fait de très belles rencontres, il a pu intervenir à la Radio aux côtés de Marie Prinet, chargée de mission au CROSI, l’une des deux organisations coordinatrices du festival ALIMENTERRE en Occitanie (partie Midi-Pyrénées ; la partie Languedoc Roussillon étant coordonnée par LAFIBALA), ou encore visiter des exploitations agricoles du territoire. Il note le grand militantisme qu’il a rencontré au fil de ses déplacements. Des contacts ont été échangés, ce qui laisse entrevoir de futures collaborations.

Du côté de la sensibilisation, Kerfalla relève que le thème des migrations revient régulièrement dans les débats, ce qui en fait selon lui une bonne porte d’entrée pour discuter des sujets qui s’y rattachent, comme l’agriculture, l’alimentation ou le développement. Vis-à-vis des scolaires, Kerfalla soulève l’efficacité des activités « brise-glace » telles que les débats mouvants et autres pour faciliter la prise de parole des étudiants. Il faut également selon lui, insister sur la question des organisations paysannes et du fonctionnement des coopératives.

Oumou Khairy Diallo est éleveuse laitière. Elle est présidente du Directoire régional des femmes en élevage de Kaolack au Sénégal, mais aussi membre de plusieurs organisations paysannes. Elle milite au quotidien auprès des femmes, auprès des jeunes, afin de promouvoir une agriculture familiale, durable, qui soit rémunératrice pour les travailleurs et les travailleuses agricoles et juste pour tous. Elle a beaucoup apprécié la chaleur des accueils et remercie les bénévoles et les coordinations territoriales organisatrices du festival pour cela. Oumou a particulièrement apprécié de « se remettre dans son ancien métier » d’enseignante auprès des publics scolaires où elle aimait déconstruire les mots « agri-culture » pour reconstruire du sens et remettre la question de la production locale au goût du jour. Des adresses ont été échangées et des contacts ont été pris.

Cette tournée, riche en partages, découvertes et ouverture sur le monde, a été un franc succès. Le festival ALIMENTERRE 2019 s’est terminé le 30 novembre. Rendez-vous l’année prochaine à partir du 15 octobre 2020 !

 

 

Nourrir le monde

Egalité femmes–hommes « Les éleveuses doivent reprendre leur place dans la filière lait »

11/12/2019
Maïrama Haman Bello, Apess © CFSI, 2019
De passage à Paris le 18 novembre 2019 à l’occasion d’une réunion de travail sur la thématique de la défense du lait local en Afrique de l’Ouest

De passage à Paris le 18 novembre 2019 à l’occasion d’une réunion de travail sur la thématique de la défense du lait local en Afrique de l’Ouest, Maïrama Haman Bello, responsable formation professionnelle à l’Apess Cameroun, nous livre son témoignage sur la place des femmes dans l’élevage laitier.

Sur le même thème, écouter le témoignage de Rekia Siwa productrice et transformatrice de lait au Niger, présidente du collectif des femmes du Réseau des organisations des pasteurs et éleveurs du Niger (Ropen) et membre de la coalition « Mon lait est local » du Niger.

 

Le risque d’éviction des femmes 

En Afrique de l’Ouest, les femmes rurales jouent un très grand rôle dans les activités agricoles et dans celles qui créent de la valeur comme la transformation des produits. Mais les associations qui sont sur le terrain remarquent que, souvent, elles ne jouissent pas des mêmes opportunités dans l’accès aux ressources (à la terre, au crédit…) et dans les prises de décision. Elles courent aussi le risque d’être évincées dès que les activités se développent.

« Le lait c’est l’affaire des femmes » dit-on au Sénégal. « C’est leur pouvoir », selon une expression au Niger. Et pourtant lorsque sa production devient plus rentable ou qu’elle devient moins pénible, des femmes ont pu s’en voir dépossédées. Mais le lait n’est qu’un cas parmi d’autres qui appelle à la vigilance. L’éviction des femmes a pu être observée dans des filières agroalimentaires, suite à l’introduction d’équipements ou de procédés qui ont réduit le temps de travail, amélioré les rendements et les marges. Les hommes, absents du secteur de la transformation, s’y sont alors intéressés. Quelques exemples concernant la transformation des céréales ou le fumage du poisson au Sénégal montrent que ces derniers ont pu acquérir des équipements et des crédits pour développer leurs activités commerciales plus facilement que les femmes.

Le rôle prépondérant de l’accompagnement

Il est primordial que les organisations parviennent, par une meilleure prise en compte du genre au sein des projets, à anticiper le risque de perte de revenus et de renforcement des inégalités entre femmes et hommes. Plus le risque d’éviction des femmes des activités devenues rémunératrices (ou moins pénibles) est fort, plus le type d’accompagnement est déterminant.

En témoigne un exemple de projet au Nord Sahel, dans un contexte social où la relation entre femmes et hommes est très codifiée et où le risque d’accroissement des inégalités de genre n’a pas été anticipé. Les hommes dominent dans la sphère publique, dans le dialogue avec les acteurs institutionnels, etc. Or, ce sont le plus souvent les femmes qui traient les vaches, donnent à manger aux animaux et vendent le lait caillé. Elles possèdent également une partie du troupeau. Quand des laiteries se sont installées, les maris sont devenus les interlocuteurs privilégiés qui livrent la laiterie. Les femmes ont perdu la gestion des revenus du lait.

Un autre projet, dans le bassin de Kollo au Niger, a au contraire traité différemment la problématique de la place des femmes. Elles ont réussi à conserver leur place dans la filière lait et leurs revenus grâce à l’attention portée à la répartition des revenus et des tâches, à la formation et à la concertation entre les parties prenantes tout au long de la construction du projet.

En tant qu’acteurs du développement, le CFSI et ses partenaires s’attachent à créer de nouvelles dynamiques et à jouer un rôle moteur en faveur des égalités entre les sexes tout au long des projets qu’ils soutiennent. Pour cela, ils ont besoin de votre soutien. Faites un don.

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Au Sénégal : contre la faim, du pain aux céréales locales pour toutes et tous

11/12/2019
Boulangers distribuant du pain à des enfants au Sénégal © Sol
Avec un taux de pauvreté évalué à 46,7 % en 2011, 17 % de la population sénégalaise souffre encore de malnutrition et 9 % des enfants âgés de 6 mois à 5 ans de malnutrition aiguë. 

Avec un taux de pauvreté évalué à 46,7 % en 2011, 17 % de la population sénégalaise souffre encore de malnutrition et 9 % des enfants âgés de 6 mois à 5 ans de malnutrition aiguë. 

Au Sénégal, le pain est devenu la base du petit-déjeuner. La consommation moyenne annuelle par habitant est passée de 19 à 26 kg entre 2000 et 2016, provoquant sur cette même période le doublement des importations de blé, qui ne pousse pas en Afrique de l’Ouest. 

Comment créer des activités économiques viables, valoriser les céréales locales et donner accès à une alimentation de qualité aux populations les plus vulnérables ? 

Le maïs et le mil poussent très bien au Sénégal. Ils sont en outre plus riches en nutriments et permettent de doubler les apports en minéraux et vitamines par rapport au blé. L’association Sol, membre du CFSI, a commencé ce projet de valorisation des céréales locales en 2011 avec des partenaires locaux. L'idée est de les transformer en beignets ou de les incorporer dans le pain blanc.

Grâce à la formation et à l’accompagnement de 150 exploitations familiales, 40 boulangers éloignés de l’emploi et 180 transformatrices, l’association crée au fil des ans les conditions économiques de développement de produits de base locaux, sains et nutritifs au sein de 72 villages.

Femmes préparant le pain au Sénégal © Sol« J’ai 50 ans et je suis née ici, au village de Koulouck Molof. Je suis maman de 7 enfants. J’ai commencé à faire des recettes de beignets de maïs et de mil suite à une formation en 2011. La recette est proche de celle de nos grands-mères, qui ajoutaient de l’arachide et du miel. Ces beignets accompagnent le café à merveille et sont pleins de nutriments pour les enfants. » « Il suffit de 2 ou 3 beignets pour les rassasier contre 5 petits pains de blé à 500 FCFA auparavant. Désormais je cultive l’arachide, le mil et le maïs moi-même. » Ndaye Fall et Mbacke Ndiaye des villages de Koulouck Molof et de Boudel.

Le CFSI accompagne ce projet sur une durée de 3 ans de façon à porter à 250 le nombre de boulangers et transformatrices formés. L’objectif est de pérenniser la filière en impliquant 3 collectivités locales dans la promotion des céréales locales. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien. Faites un don.

Nourrir le monde

Les cantines scolaires de la région de Dakar

10/11/2019
Enfants portant un plat pour le déjeuner, Sénégal © GRDR
Le film Les cantines scolaires de la région de Dakar fait partie de la sélection du festival ALIMENTERRE 2019. Il raconte la mise en place en 2014, puis l’essor depuis 2017, d’un projet porté par le Grdr avec le soutien du CFSI.

Le film Les cantines scolaires de la région de Dakar fait partie de la sélection du festival ALIMENTERRE 2019. Il raconte la mise en place en 2014, puis l’essor depuis 2017, d’un projet porté par le Grdr avec le soutien du CFSI.

Alors que la région de Dakar concentre 25 % de la population nationale, elle connait des inégalités sociales importantes, en particulier dans la zone périurbaine des départements de Pikine, Guediawaye et Rufisque. Cependant, malgré son caractère urbain, cette région demeure une zone de production agricole : près de 30 % de la production maraîchère au Sénégal y est produite, dont 15 % dans le département de Rufisque.

La région est exclue de bon nombre de programmes de sécurité alimentaire. Un enfant sur deux arrive à l’école sans prendre de petit-déjeuner et un sur trois souffre de carences en vitamines et minéraux. Loin des conditions requises pour acquérir le savoir et construire un avenir…

Une solution à la dénutrition : manger sain et local à la cantine 

Depuis 2014, le Grdr membre du CFSI, participe à l’organisation de 9 cantines scolaires de la banlieue de Dakar en les mettant en relation avec des producteurs et des productrices de la région.

Trois fois par semaine, des petits pains à base de céréales locales sont distribués aux 5 000 élèves concernés. 1 200 d’entre eux, choisis parmi les plus vulnérables (handicap, grande pauvreté…), reçoivent un repas complet, composé de produits frais issus des fermes paysannes locales, deux fois par semaine. En deux ans, ce sont 500 000 petits pains et 136 000 déjeuners servis.

Ceci permet aux enfants d’avoir une alimentation saine, favorise leur parcours scolaire, diminue l’absentéisme et garantit des débouchés réguliers pour les producteurs agricoles locaux.

Grâce aux actions de sensibilisation (sessions communautaires, journées de dégustation, activités de microjardinage), leurs parents, les enseignants et les personnels encadrants prennent conscience des vertus du « consommer local ».

Relancer l’activité économique locale par les marchés publics

Seyni Kebe, chargé de mission au GRDR et intervenant invité du festival ALIMENTERRE, témoigne :

« La mise en place de cantines scolaires approvisionnées par les exploitations familiales de la région stimule l’économie locale et garantit aux petits producteurs des revenus réguliers et plus rémunérateurs. Il s’agit également d’engager un processus de transition vers une agriculture plus résiliente par l’agroécologie.

Pour certains acteurs clés du département, il n’est pas évident d’appréhender les enjeux de l’agriculture et l’apport des exploitations familiales dans la sécurité alimentaire. L’entrée par les cantines scolaires permet de sensibiliser les communes afin qu’elles mettent en place des politiques alimentaires dans leur localité. Ainsi une stratégie de concertation pluri-acteurs est nécessaire afin de relever les défis du financement local de telles activités, ainsi que de la préservation des terres agricoles face à l’urbanisation galopante. »

Grâce à ce projet, trois établissements de Rufisque ont créé une association et le conseil départemental s’est engagé à les accompagner pour collecter des fonds auprès de quelques grandes entreprises implantées dans le département. La mairie de Rufisque ville s’est également engagée à soutenir ces cantines.

Les cantines scolaires de la région de Dakar
Réalisateur(s) : Dominique Guélette
Année de sortie : 2018
Pays : Sénégal
Production : GRDR

Pour en savoir plus

Les cantines scolaires de la région de Dakar from CFSI ALIMENTERRE on Vimeo.

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