Alors que le droit à l’alimentation est reconnu comme un droit humain fondamental, des millions de femmes à travers le monde continuent à en être privées. Pourtant, elles sont au cœur des systèmes alimentaires. Cette contradiction structurelle révèle combien la sécurité alimentaire est indissociable des droits des femmes.

Dans de nombreuses régions du monde, la faim n’est pas seulement le résultat d’un manque de ressources. Elle est aussi le produit d’inégalités profondes, notamment de genre. Les femmes produisent une part essentielle de notre alimentation mondiale, mais restent parmi les premières victimes de l’insécurité alimentaire.

Des actrices centrales des systèmes alimentaires

À l’échelle mondiale, les femmes représentent environ 43 % de la main-d’œuvre agricole. Dans les zones rurales des pays du Sud, elles assurent jusqu’à 60 à 80 % de la production alimentaire destinée à l’autoconsommation. Elles cultivent, transforment, stockent, commercialisent et nourrissent les familles.

Malgré ce rôle central, leur travail reste largement invisible, sous-payé ou non reconnu. Cette invisibilisation a des conséquences directes : moins de droits, moins de protection, moins d’accès aux ressources essentielles pour produire et vivre dignement.

Des inégalités structurelles qui nourrissent la faim

Le droit à l’alimentation ne se limite pas à la disponibilité de nourriture. Il suppose un accès équitable aux moyens de production. Or, les femmes en sont largement exclues :

  • Accès à la terre : elles ne détiennent qu’une part infime des terres agricoles et disposent rarement de titres fonciers sécurisés.
  • Accès au crédit : faute de garanties juridiques ou financières, leur accès aux financements agricoles reste très limité.
  • Accès à la formation et aux intrants : les services de conseil agricole, les équipements et les innovations bénéficient majoritairement aux hommes.

Selon la FAO, ces inégalités entraînent un écart de productivité d’environ 20 à 30 % entre exploitations agricoles féminines et masculines. Pourtant, à ressources égales, cet écart disparaît.

Afrique de l’Ouest : des femmes en première ligne

En Afrique de l’Ouest, les femmes jouent un rôle déterminant dans la sécurité alimentaire des ménages. Elles sont majoritaires dans :

  • Les cultures vivrières (mil, riz, maïs, manioc).
  • La transformation des produits agricoles.
  • La commercialisation sur les marchés locaux.

Mais elles cumulent aussi les vulnérabilités :

  • Insécurité foncière dans des contextes de pression accrue sur les terres.
  • Faible représentation dans les instances de décision.
  • Charge de travail élevée, souvent non rémunérée.
  • Exposition accrue aux effets du changement climatique et des crises alimentaires.

Ces inégalités fragilisent durablement les systèmes alimentaires locaux et accentuent les risques de malnutrition, en particulier pour les femmes et les enfants.

Quand les droits des femmes progressent, la sécurité alimentaire s’améliore

Les études sont claires : lorsque les femmes ont un meilleur accès à la terre, au crédit, à la formation et aux ressources productives, les effets sont immédiats et durables. La FAO estime que l’égalité d’accès pourrait permettre de sortir jusqu’à 150 millions de personnes de la faim.

L’autonomisation économique des femmes se traduit par :

  • Une amélioration de la nutrition des enfants.
  • Une diversification des régimes alimentaires.
  • Une augmentation des revenus des ménages.
  • Une meilleure résilience face aux crises climatiques et alimentaires.

Garantir le droit à l’alimentation, c’est donc garantir les droits des femmes.

Un combat pour aujourd’hui et pour demain

Soutenir les femmes, c’est agir contre la faim !

À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, rappeler ce lien entre droits des femmes et droit à l’alimentation est essentiel. Car lutter contre la faim, c’est aussi lutter contre les discriminations.

Reconnaître, protéger et renforcer les droits des femmes, c’est investir dans des systèmes alimentaires plus justes, plus durables et plus résilients. Un combat pour les droits humains, aujourd’hui plus que jamais.

En soutenant les actions du CFSI, vous contribuez à renforcer le pouvoir d’agir des femmes, à défendre leurs droits et à construire des systèmes alimentaires plus justes, durables et résilients. Faites un don !

Pour en savoir plus

FIDA, « Ces chiffres montrent que les femmes rurales sont une des clés d’un avenir meilleur. Mais on ne leur donne pas les moyens de réussir » – mars 2022

ALIMENTERRE, « État de la sécurité alimentaire dans le monde – rapport SOFI 2025″ – 2025

FIDA, « Investir dans les femmes et les filles est bon pour l’économie et accélère les progrès pour des millions de personnes » – mars 2024

ALIMENTERRE, « La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture, le rôle des femmes dans l’agriculture » – 2011

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