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Au Burkina Faso : Laafi Benre, « la bouillie qui donne la santé » | Comité Français pour la Solidarité Internationale

Au Burkina Faso : Laafi Benre, « la bouillie qui donne la santé »

Laafi Benre - crédit photo : Gret

Au Burkina Faso, il existe une vingtaine d’unités de production de farines infantiles fortifiées (entreprises, associations ou groupements de femmes). Elles s’approvisionnent localement en maïs, arachide, soja, sésame, niébé, mil ou encore sorgho. Depuis 2005, le Gret (membre du CFSI) travaille avec ces unités pour garantir la qualité nutritionnelle des produits et en promouvoir l’utilisation des auprès des populations les plus vulnérables.

Dans les quartiers périphériques de Ouagadougou où la population explose, il a implanté 4 kiosques de préparation et de vente de la bouillie Laafi Benre (traduction : « bouillie qui donne la santé »). Il agit en partenariat avec l’association locale ASEFF pour sensibiliser les populations de ces quartiers aux bonnes pratiques d’alimentation des jeunes enfants.

Découvrez aujourd’hui le témoignage de Noélie Ouedraogo, présidente de l’association ASEFF : 

Noélie Ouedraogo, présidente de l'ASEFFQuel bilan faites-vous du projet Laafi benre ?

N. O. : Ce qui a prévalu dans le choix de ces quartiers pour intervenir, c’est un taux élevé de malnutrition dans la zone. Les maris ne travaillent pas et les femmes ont comme seule ressource le ramassage du sable pour nourrir leurs enfants et les scolariser.

L’impact des bouillies fortifiées sur la santé des enfants est vraiment positif. Les autorités locales, les autorités municipales, les religieux, les chefs coutumiers sont vraiment contents de la mise en place des kiosques dans leurs quartiers.

Ce matin par exemple, nous avons rencontré un enfant qui était malnutri au départ, mais depuis que la maman a commencé à lui donner Laafi benre, il est en pleine forme.

Que pensez-vous de la motivation des préparatrices et des vendeuses ?

N. O. : Pour les femmes qui ont la chance d’être retenues pour la vente et la préparation des bouillies, cela constitue une nouvelle activité génératrice de revenus. Elles et leurs maris sont vraiment contents. Une demande serait de les aider à relever leurs rémunérations pour qu’elles puissent mieux subvenir à leurs besoins. Elles sont prêtes à se donner à fond pour que l’activité se pérennise. Elles sont vraiment motivées. Chaque fois à partir de 4h du matin, elles sont debout et viennent au kiosque, elles nettoient et commencent à préparer la bouillie, et à partir de 5h30, elles sont sur la route avec leurs charrettes ou leur vélos pour vendre. Même si ce n’est pas beaucoup, elles ont pu mettre de l'argent en banque pour pérenniser l’activité.

Quelle est votre vision du projet dans les prochaines années, quelles perspectives ?

N. O. : Mon souhait le plus intime pour Laafi benre est que les kiosques soient multipliés à d’autres quartiers non lotis de Ouagadougou car nous intervenons aussi dans d’autres zones, très vastes. Et pour les zones déjà couvertes, comme le maire de Bissighin l’a dit, il serait bien de multiplier les kiosques pour qu’ils soient plus proches de la population.

Plus d’informations sur www.nutridev.org

Le CFSI, avec le soutien de ses donateurs, a participé au financement de cette action dans le cadre de du programme Promotion de l’Agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Appel 2013).