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| Au Cambodge, lutter durablement contre la faim |
La région de Prey Veng est l’une des plus pauvres du Cambodge. Près de 85 % de la population tente de vivre de l’agriculture, cultivant essentiellement du riz sur des surfaces dépassant rarement 1 hectare. Il y a 7 ans, la plupart d’entre elles rencontraient de nombreuses difficultés économiques : les maris se trouvaient obligés de partir travailler à la capitale Phnom Penh durant la saison sèche, pour obtenir un revenu de survie. Grâce au CEDAC, une association cambodgienne partenaire du CFSI, plus de 2 000 familles ont aujourd’hui réussi à améliorer la production agricole en adoptant des techniques simples (utilisation du compost, creusement de digues pour élever des poissons, plantations d’arbres fruitiers etc.).
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| Comment le CFSI suit le projet au Cambodge |
Depuis 7 ans, le CFSI soutient le CEDAC, une association créée par des agronomes cambodgiens avec le soutien du GRET, Groupe de recherche et d’échanges technologiques. Le projet en cours a été préparé conjointement entre le CEDAC et le CFSI. Les priorités ont été définies après des enquêtes et entretiens auprès de familles de Prey Veng, qui ont pu exprimer les difficultés et leurs attentes. Le suivi du bon déroulement du projet, se fait de plusieurs façons. Tout d’abord, le CEDAC envoie au CFSI tous les trimestres un rapport où il présente les résultats obtenus. Puis, le CFSI se rend sur place tous les 18 mois pour une mission de suivi auprès de l’équipe du CEDAC et de familles représentatives. Le GRET apporte son concours, notamment pour aider le CEDAC à réaliser une étude d’impact du projet. Enfin, une évaluation externe du projet a permis d’en apprécier les points forts et d’en corriger les points faibles. Au plan financier, ce projet fait l’objet d’un suivi régulier de la part de l’équipe du Cedac et du CFSI. Chaque année, un audit financier est réalisé par un cabinet comptable cambodgien. Ce rapport, disponible, est envoyé à la Commission européenne qui cofinance le projet.
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| Améliorer la culture du riz et diversifier sa production |
M. Pot Savan a rejoint le projet du CEDAC il y a 4 ans pour améliorer et diversifier sa production. L’année dernière, il a réussi à produire 3,5 tonnes de riz et en a vendu 750 kilos, à 600 riels (ou 0,22 €) le kilo, soit un revenu de 165 €. Mais cette année, il va encore faire mieux. Comme il a arrêté d’utiliser des pesticides et des engrais chimiques depuis 3 ans, sa production de riz est maintenant reconnue biologique. Il espère cette année vendre 1 tonne à 900 riels (ou 0,34 €) le kilo au CEDAC qui a ouvert un magasin à Phnom Penh. Et ce n’est pas tout. Une fois la récolte de riz terminé, il plante des légumes, concombres, condiments, etc. Il peut ainsi nourrir sa famille et vendre les excédents sur le marché local. Et dans quelques années, les arbres fruitiers plantés sur les digues des rizières lui donneront des fruits et lui permettront de compléter son revenu pour permettre à ses enfants de poursuivre leurs études.
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| Quand l'eau et la microfinance permettent de prendre en main son destin |
Au Cambodge les familles les plus pauvres ne disposent pas d’eau à la pompe. Ainsi Mme Sourn, allait puiser à la main plusieurs fois par jour de l’eau dans un puits situé loin de sa maison : il était très difficile, dans ces conditions, de penser installer un potager chez elle Conscient de ces difficultés, le CEDAC a décidé d’apporter un appui spécifique aux familles les plus pauvres, pour leur permettre de disposer d’un forage à pompe. Dans le village de Prey Phngeam, ces familles ont été désignées par les habitants, qui ont réalisé un état des lieux permettant de recenser les personnes les plus pauvres. En 2006, Mme Sourn et son mari ont fait partie des bénéficiaires de cette initiative. Le forage et la pompe dans son jardin la dispensent maintenant de faire des aller-retour incessants au puits, l’eau est de meilleure qualité et son approvisionnement plus régulier. Pour économiser l’eau, elle a souvent recours à la technique du paillage. Elle vend une partie de sa production sur le marché local et économise ainsi 2 000 riels (0,5 €) par mois. Mme Sourn a alors décidé d’adhérer au groupe d’épargne de son village. Ce groupe géré par les habitants permet d’épargner et de bénéficier de petits emprunts. Les emprunteurs paient un taux d’intérêt de 2 % par mois. Dans un pays où le système bancaire ne reconnaît pas les besoins de plus pauvres, cette initiative était la bienvenue. Ainsi, il y a quelques mois, Mme Sourn a emprunté 20 000 riels (3,5 €) pour acheter des semences potagères. Aujourd’hui elle voit l’avenir différemment, car grâce à ses revenus réguliers, elle ne se demande plus chaque matin comment elle pourra nourrir ses enfants.
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| Mieux produire et pouvoir vendre |
Monsieur Ong Ourn vit dans un petit village du Cambodge qui compte 141 familles. Il fait partie des paysans très pauvres. Il y a encore quelques années, il avait du mal à nourrir sa famille de 5 enfants. En 2001, il a rencontré les techniciens du CEDAC et a décidé de faire le pas en modifiant ses cultures. Il a transformé l’une de ses rizières en bananeraie. Dans les autres rizières, dès la récolte du riz terminé, il cultive des concombres et des pastèques. En même temps qu’il réduisait la surface de ses rizières, il a adopté de nouvelles techniques de culture respectueuses de l’environnement et moins onéreuses et qui lui ont permis d’augmenter le rendement de sa production de riz. En 2007, il a produit 960 kilos de riz dont 200 kilos ont été écoulés sur le marché. Une victoire car il y a encore quelques années, sa récolte ne suffisait même pas à nourrir sa famille. Son engagement n’a pas été qu’individuel. Il s’est très vite intéressé à ses voisins et a participé à la création de l’association de paysans de son village. Aujourd’hui, 33 des 141 familles de son village y sont impliquées. L’association a créé un groupe d’épargne en novembre 2003. Cette épargne permet à chacun de bénéficier de prêts à un taux d’intérêt mensuel de 2 % par mois, ce qui reste raisonnable au Cambodge aujourd’hui. L’association a voulu renforcer sa gestion interne. Elle a instauré un comité de contrôle qui est entré en fonction à la fin 2007. 3 femmes parmi les 7 candidats ont été élues par l’assemblée de l’association. Des critères avaient été définis collectivement pour présenter sa candidature : savoir lire, écrire et compter, être capable de présenter par oral les comptes de l’association. Ce contrôle est d’autant plus important qu’outre les prêts, l’association a ouvert une épicerie le 1er décembre 2007. Point de reconnaissance pour l’association, 135 des 143 familles du village étaient présentes lors de la fête d’inauguration. Dès qu’elle fonctionnera correctement, M Ong envisage de créer un lieu où les paysans pourront prendre un thé ou boire un jus de noix de coco tout en discutant des questions qui se posent pour le village. Car c’est bien en s’engageant collectivement que M Ong pourra, avec les autres membres de l’association, faire évoluer les choses et qui sait demain, disposer d’un meilleur accès à la route principale pour aller vendre ses produits sur le marché voisin.
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