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| NOURRIR LES VILLES EN DÉVELOPPANT LES CAMPAGNES |
Par Yves Berthelot, Président du CFSI
Nous serons bientôt 9 milliards d’hommes dont plus de la moitié vivront dans des villes. Comment les nourrir ? Comment éviter que la faim, qui, aujourd’hui, affecte essentiellement le monde rural, ne devienne aussi un problème majeur des grandes villes ? Dans les pays les plus pauvres, ce problème a été réglé pendant longtemps grâce à des importations massives et à bas prix de nourriture venant des pays riches. Ce n’est cependant pas la bonne solution, car désormais, même l’alimentation est soumise à des spéculateurs sur le marché international. C’est cette spéculation qui a entrainé il y a plus d’un an une hausse démesurée des prix de l’alimentation, provoquant des « émeutes de la faim ». Certains pays, moins pauvres mais inquiets à l’idée de ne pas pouvoir assurer une alimentation suffisante pour les habitants de leurs grandes villes, louent ou achètent des millions d’hectares de terres dans des pays pauvres, où la sous-alimentation fait des ravages. Ceci conduit dans bien des cas à l’expulsion des paysans , avec un risque d’affamer la population locale et d’augmenter encore la pauvreté.
L’agriculture de proximité, liant villes et campagnes, est l’alternative. Bien conduite, elle peut donner aux paysans de quoi vivre de leur travail et freiner ainsi l’exode rural. Elle peut assurer aux habitants des villes une alimentation diversifiée à des prix peut-être plus stables. Développer ce type d’agriculture est l’objectif majeur de toutes les initiatives que le CFSI soutient. Grâce à vos dons, nous pouvons soutenir de très nombreux projets, à l’image des trois exemples, au Sénégal, au Cambodge et au Mozambique, présentés ci-dessous.
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| Au Sénégal, mon lait je l'aime local |
Au Sénégal, le lait est un produit très apprécié des consommateurs urbains. Ceux-ci l’achètent sous forme de
lait caillé ou de yaourt. Pour les éleveurs, le développement de sa consommation signifie l’assurance d’un revenu
régulier. Mais pour y arriver, il faut améliorer la collecte du lait, sa transformation et sa commercialisation.
Grâce au soutien de ses donateurs, le CFSI appuie financièrement un projet qui vise à renforcer la filière lait au
Sénégal. 4 000 éleveurs et collecteurs vont pouvoir développer les ventes de lait auprès d’une cinquantaine de
mini-laiteries. Celles-ci emploient jusqu’à 300 personnes dans la région de Saint Louis, de Tambacounda et
même de Dakar. Elles vont bénéficier de formations pour améliorer la qualité des produits transformés et par
là-même voir leur emploi se pérenniser. En parallèle, la Fédération nationale des acteurs de la filière lait au
Sénégal (FENAFILS) bénéficiera d’un appui pour améliorer la concertation avec l’Etat sur l’avenir de la filière lait.
Pour ce projet, le CFSI apporte 15 000 Euros au Gret, association membre du CFSI, qui travaille avec ses partenaires
au Sénégal (Enda Graf et la Fenafils).
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| Au Cambodge, développer l'agriculture périurbaine pour nourrir durablement les villes |
La province de Pursat est une des provinces les plus pauvres de l’ouest cambodgien. 42 % de la population vit
en dessous du seuil de pauvreté. La majorité tente de vivre de l’agriculture mais beaucoup de chefs de famille fuient
la campagne dans l’espoir de trouver du travail dans les grandes villes du Cambodge ou de Thaïlande.
Avec le soutien du CFSI, Agrisud International propose à 60 petits exploitants familiaux d’augmenter leur production.
Après avoir identifié les besoins et les potentiels de chaque famille, des formations à des techniques simples
(fabrication du compost, gestion de l’eau, etc.) permettront d’améliorer et de diversifier les cultures. A terme, la
production sera commercialisée sur le marché local. Ainsi, les consommateurs de Pursat pourront acheter des
produits frais et de meilleure qualité nutritionnelle.
Pour ce projet, le CFSI apporte 12 500 Euros à Agrisud qui travaille avec son partenaire cambodgien Agricam.
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| Au Mozambique, des produits locaux et de qualité sur les marchés de la capitale |
La ville de Maputo, capitale du Mozambique, compte environ 1,5 millions d'habitants. L'approvisionnement de la
ville en denrées alimentaires est assuré par les importations de produits agricoles de la province, des pays voisins
(Afrique du Sud et Swaziland) et par la production urbaine et périurbaine. Cette activité économique emploie au
moins 7 000 familles et joue un rôle crucial tant pour sa contribution à l'alimentation de la ville que pour l'emploi
qu’elle génère. Mais c'est une activité fragile. D’une part, car les terrains agricoles en périphérie de Maputo sont
menacés par une urbanisation croissante. D'autre part, parce que les produits locaux sont en concurrence avec
ceux des pays voisins.
Grâce au soutien du CFSI, l’association Essor va expérimenter avec les agriculteurs des techniques agro écologiques
(fabrication de compost, rotation des cultures, utilisation de plantes légumineuses comme engrais vert).
En deux ans, 3 000 agriculteurs seront formés à ces méthodes qui visent à augmenter les productions et à fournir
une alimentation de qualité aux habitants de la capitale mozambicaine.
Le CFSI apporte 15 000 Euros à Essor pour mener à bien ce projet.
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