Plus d'1 milliard de personnes, pour l’essentiel habitants des pays les plus pauvres, souffrent de sous-alimentation. Les ¾ d’entre eux sont des ruraux vivant de l’agriculture ou de l’élevage. De façon paradoxale, ce sont ceux qui ont la mission de produire de quoi se nourrir qui soufrent de la faim.
Soutenir les paysans constitue le meilleur rempart contre la persistance de la faim dans le monde. Par ses actions, le CFSI fait reculer la faim durablement.
Au Burkina-Faso, des femmes s'organisent pour vendre leur riz à un prix juste
Réunis en coopératives, les riziculteurs de la Vallée du Kou produisent en moyenne 7 500 tonnes par an. Une production importante qui peine à être écoulée par les femmes des villages de Bama et Banzon.
Elles sont 1 500 à faire bouillir et sécher le riz pour le vendre à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso. Mais les transformatrices de riz de la région ne font pas le poids face aux grossistes qui font jouer la concurrence pour faire baisser les prix. Avec le soutien du CFSI, l’Afdi les aide à coordonner la vente du riz (calcul du coût de revient et négociation d’un prix commun le jour du marché). Elles sont également accompagnées vers une qualité et une présentation qui conviennent aux consommateurs urbains. Mieux organisées, les femmes de Bama et Banzon peuvent peser face aux grossistes et ainsi obtenir un prix rémunérateur.
Au Mozambique, des produits locaux et de qualité sur les marchés de la capitale
La ville de Maputo, capitale du Mozambique, compte environ 1,5 millions d'habitants. L'approvisionnement de la
ville en denrées alimentaires est assuré par les importations de produits agricoles de la province, des pays voisins
(Afrique du Sud et Swaziland) et par la production urbaine et périurbaine. Cette activité économique emploie au
moins 7 000 familles et joue un rôle crucial tant pour sa contribution à l'alimentation de la ville que pour l'emploi
qu’elle génère. Mais c'est une activité fragile. D’une part, car les terrains agricoles en périphérie de Maputo sont
menacés par une urbanisation croissante. D'autre part, parce que les produits locaux sont en concurrence avec
ceux des pays voisins.
Grâce au soutien du CFSI, l’association Essor va expérimenter avec les agriculteurs des techniques agro écologiques
(fabrication de compost, rotation des cultures, utilisation de plantes légumineuses comme engrais vert).
En deux ans, 3 000 agriculteurs seront formés à ces méthodes qui visent à augmenter les productions et à fournir
une alimentation de qualité aux habitants de la capitale mozambicaine.
Le CFSI apporte 15 000 Euros à Essor pour mener à bien ce projet.
Au Cambodge, développer l'agriculture périurbaine pour nourrir durablement les villes
La province de Pursat est une des provinces les plus pauvres de l’ouest cambodgien. 42 % de la population vit
en dessous du seuil de pauvreté. La majorité tente de vivre de l’agriculture mais beaucoup de chefs de famille fuient
la campagne dans l’espoir de trouver du travail dans les grandes villes du Cambodge ou de Thaïlande.
Avec le soutien du CFSI, Agrisud International propose à 60 petits exploitants familiaux d’augmenter leur production.
Après avoir identifié les besoins et les potentiels de chaque famille, des formations à des techniques simples
(fabrication du compost, gestion de l’eau, etc.) permettront d’améliorer et de diversifier les cultures. A terme, la
production sera commercialisée sur le marché local. Ainsi, les consommateurs de Pursat pourront acheter des
produits frais et de meilleure qualité nutritionnelle.
Pour ce projet, le CFSI apporte 12 500 Euros à Agrisud qui travaille avec son partenaire cambodgien Agricam.
Du lait "made in" Sénégal
Au Sénégal, le lait est un produit très apprécié des consommateurs urbains. Ceux-ci l’achètent sous forme de
lait caillé ou de yaourt. Pour les éleveurs, le développement de sa consommation signifie l’assurance d’un revenu
régulier. Mais pour y arriver, il faut améliorer la collecte du lait, sa transformation et sa commercialisation.
Grâce au soutien de ses donateurs, le CFSI appuie financièrement un projet qui vise à renforcer la filière lait au
Sénégal. 4 000 éleveurs et collecteurs vont pouvoir développer les ventes de lait auprès d’une cinquantaine de
mini-laiteries. Celles-ci emploient jusqu’à 300 personnes dans la région de Saint Louis, de Tambacounda et
même de Dakar. Elles vont bénéficier de formations pour améliorer la qualité des produits transformés et par
là-même voir leur emploi se pérenniser. En parallèle, la Fédération nationale des acteurs de la filière lait au
Sénégal (FENAFILS) bénéficiera d’un appui pour améliorer la concertation avec l’Etat sur l’avenir de la filière lait.
Pour ce projet, le CFSI apporte 15 000 Euros au Gret, association membre du CFSI, qui travaille avec ses partenaires
au Sénégal (Enda Graf et la Fenafils).
En Mauritanie, maïs, sorgho et mil garantissent les micro-crédits
La saison des pluies ou hivernage débute en ce moment. Leurs stocks étant écoulés, les familles du sud du pays, majoritairement paysannes, ont du s'endetter pour acheter à un prix élevé de quoi se nourrir.
Pour pouvoir rembourser ces crédits, elles seront contraintes de vendre leur production dès la récolte, alors que les prix sont au plus bas.
Et elles devront racheter ces mêmes denrées bien plus chères quelques mois plus tard, lors de la prochaine période de soudure.
Pour briser ce cercle vicieux, le GRDR met en oeuvre, grâce à l'appui du CFSI, un dispositif de crédit stockage. Dès cette année, 150 agriculteurs du Guidimakha vont pouvoir obtenir un crédit en déposant une partie de leur récolte en garantie. Grâce à cet argent, ils pourront financer leurs activités de saison sèche (manutention, cueillette, etc.), habituellement insuffisantes pour couvrir leurs besoins. Une fois le prêt remboursé, les producteurs récupéreront leurs stocks et pourront soit nourrir leurs familles sans avoir à s'endetter auprès de commerçants, soit vendre ces denrées sans les brader.
En cas d'incapacité de remboursement, le stock sera vendu à un grossiste, la plus-value réalisée revenant alors aux producteurs.
Afin de mener à bien ce projet, 15 000 € sont nécessaires pour permettre au CFSI de soutenir le GRDR, association membre. Avec un don de 100 €, vous permettez à une famille de devenir autonome en rompant le cycle production/endettement.
Au Mozambique, les femmes se forment pour faire disparaître durablement la faim de leur région
Le Mozambique fait partie des 10 pays les plus pauvres du monde. L'agriculture familiale y est concurrencée par de grandes exploitations agro industrielles étrangères (coton, banane, canne à sucre, soja, etc.). Dans le district de Nacala-a-Velha, les femmes réalisent la majorité des activités agricoles. Sécheresse, pénurie de semences, absence d'appui technique, maladie du manioc, etc. sont autant de difficultés qui provoquent insécurité alimentaire, voire malnutrition et "disette" au moins deux à trois mois par an. Essor, association membre du CFSI, mène actuellement un programme de formation agricole basée sur l’expérimentation de méthodes agro écologiques réputées pour améliorer les rendements. D’ici deux ans, 400 femmes devraient posséder les ompétences nécessaires pour appliquer ces techniques de diversification, une banque de semences aura été créée afin de garantir l’accès en semences de qualité. En parallèle, la mise en place d’un système de "crédits rotatifs en animaux" vise à doubler l’élevage de volailles et de chèvres. A terme, une école familiale rurale poursuivra cette formation agricole pour l’étendre aux jeunes.
Au Niger, donner la priorité aux céréales locales et améliorer la condition des femmes
Au Niger, contrairement à d'autres pays du Sahel, le mil est la céréale la plus consommée. Mais depuis quelques années, il subit la concurrence du riz importé, plus facile à préparer. En effet, les femmes consacrent deux heures par jour au battage du mil. Il s'agit d'un travail très pénible qui les oblige à déléguer les autres tâches ménagères à leurs filles. Celles-ci finissent alors par délaisser l'école.
Soutenu financièrement par les donateurs du CFSI, le Geres a dès 2006 mis au point avec un atelier mécanique local un modèle de batteuse utilisable dans un contexte rural pauvre.
Les démonstrations ont convaincu les utilisatrices qui voient dans cette machine trois avantages. Tout d'abord, elles pourront valoriser plus facilement leur mil. Puis, en s'organisant en groupement, elles pourront obtenir un revenu en vendant le mil à des commerçants. Le tout leur permettra d'améliorer leurs conditions de vie. D'ici mi-2009, le Geres a décidé d'appuyer 6 groupements féminins dans 6 localités rurales et périurbaines qui pourront ainsi développer une activité génératrice de revenus.
Ce projet du Geres est soutenu par le CFSI. Pour aider ces groupements féminins, le CFSI s'est engagé à recueillir 10 000 €.
Au Cambodge, lutter durablement contre la faim
La région de Prey Veng est l'une des plus pauvres du Cambodge. Près de 85 % de la population tente de vivre de l'agriculture sur des surfaces dépassant rarement 1 hectare.
En 2001, la plupart d'entre elles rencontraient de nombreuses difficultés économiques. Se basant sur leurs attentes et préoccupations, le CEDAC, association créée par des agronomes cambodgiens avec l'appui du Gret, a formé des familles de Prey Veng à des techniques simples comme l'utilisation de compost, le creusement de digues pour la pisciculture ou la plantation d'arbres fruitiers. En adoptant ces nouvelles techniques de culture, plus respectueuses de l'environnement et moins onéreuses, les familles de Prey Veng ont vu les rendements de leurs productions augmenter.
Ainsi, grâce à l'appui du CFSI, le CEDAC est parvenu en 7 ans à sortir de la pauvreté plus de 2000 familles cambodgiennes en leur offrant les clés d'une agriculture durable qui améliore leur production et leur niveau de vie. En savoir plus sur l'action menée au Cambodge
Au Cap-Vert, diversifier la production agricole et limiter l'exode rural
En 2006 et 2007 à Porto Novo au Cap Vert, les pluies ont été faibles. La récolte du maïs, dont la culture demande beaucoup d'eau, a été mauvaise. Beaucoup d'agriculteurs ont été obligés d'émigrer temporairement ou définitivement vers les villes et vers d'autres îles, sans grandes perspectives d'emploi. Face à cette situation, l'association Essor se mobilise avec un partenaire local pour permettre à 300 agriculteurs de rester sur leur terre. La solution consiste à moins dépendre des ressources en eau pour la production agricole et à diversifier leur activité.
Deux jours par mois durant deux ans, ces agriculteurs vont se former à de nouvelles techniques agricoles qui économisent l'eau, consacrer une partie des sols à de nouvelles cultures, apprendre la transformation artisanale (séchages de fruits, fabrication de tisane, de sirop etc.). L'association Essor les aidera ensuite à commercialiser leurs produits sur les marchés locaux. Tout ceci permettra de créer des micro entreprises et de développer des activités coopératives pour, par exemple, acheter en gros les semences ou de bénéficier de conseils dans leur exploitation familiale.
Ce projet est mené par Essor association membre du CFSI. Pour le mener à bien, le CFSI s'est engagé à recueillir 10 000 €.
Au Niger, l'association Misola lutte contre la malnutrition infantile
Au Niger, 4 enfants sur 10 ne mangent pas à leur faim. Affaiblis, ils ont du mal à résister à des maladies comme la rougeole ou la diarrhée que l’on peut pourtant soigner facilement quand un enfant est bien portant.
Pour remédier à cette situation, des femmes nigériennes ont créé des coopératives pour améliorer l’alimentation des jeunes enfants. Elles produisent la farine Misola à partir de céréales locales comme le mil ou le sorgho. L’ouverture d’une nouvelle unité de production à Niamey fin 2007 a d’ores et déjà permis d’améliorer la situation nutritionnelle de 2 000 enfants. Le CFSI a décidé de poursuivre l’appui à ce projet pour créer de nouvelles coopératives de production et obtenir la reconnaissance de ce programme par les autorités locales.
Ce projet est mené par Misola, association membre du CFSI, avec le soutien financier du CFSI, soit 22 500 euros entre 2006 et 2008.
Au Brésil, la dignité retrouvée
Antonio vit depuis toujours à Capiri, au bord du fleuve Tocantins. Ce fleuve de l’Amazonie brésilienne rythme sa vie et celle de plus de 7 000 familles d’agriculteurs de la région de Cameta. Sa maison est construite sur pilotis. Deux fois par jour, elle est entourée par les eaux. Quand revient la marée basse, on découvre une terre boueuse sur laquelle poussent des palmiers comme l’açaï, base de l’alimentation locale.
Enfant, c’est dans le fleuve qu’il pêchait des poissons et des écrevisses. Mais les années 1990 sont arrivées avec la construction d’un barrage qui a réduit le nombre de poissons. Ses voisins sont partis en ville car la vie était devenue trop difficile. Antonio a choisi de rester avec sa famille et de trouver les moyens de s’en sortir. En 2002, il a participé à une formation proposée par l’APACC, une ONG brésilienne. Il a découvert la pisciculture et a creusé trois étangs au bord du fleuve. Tous les jours, il s’y rend en barque pour vérifier que tout va bien et parfois pêcher du poisson. Avec l’un de ses fils, Antonio descend dans l’étang et installe un filet. En quelques minutes, ils attrapent une dizaine de poissons pour nourrir la famille et les vendre au marché de Cameta. Grâce à la pisciculture, il dispose maintenant d’un revenu plus régulier.
Cette formation lui a ouvert d’autres possibilités. Il a appris un métier complémentaire, celui d’apiculteur. Aujourd’hui, il sait gérer son exploitation et montre fièrement ses livres de compte par nature de production, poivre, cacao, miel, poisson, poulet etc.
Antonio reconnaît que sans cet appui, il n’aurait pu continuer à vivre à Capiri et élever ses enfants. Et pour que d’autres paysans puissent comme lui vivre dignement de leur travail, il s’est engagé à les former.
Ce projet a été mené par l’APACC et deux associations membres du CFSI, VSF-CICDA et Essor. En deux ans, plus de 500 agriculteurs ont bénéficié d’une formation. 130 sont devenus eux-mêmes formateurs et aident leurs voisins et leurs communautés à améliorer la production. AU total, plus de 3 000 agriculteurs ont été concernés par le projet tandis que 90 jeunes ont suivi un enseignement agricole à la Maison familiale rurale de Cameta.
Le CFSI a soutenu financièrement cette action de 2004 à début 2008.
A Madagascar, les paysans des hauts plateaux gagnent en autonomie
Sur les hauts plateaux de Madagascar, dans la région de Haute Matsiatra, les paysans vivent très difficilement de la culture du riz, du manioc et des légumes secs comme les haricots ou les pois du cap. Les rendements sont souvent faibles. Les récoltes suffisent à peine à nourrir les familles. Face à cette situation, des associations paysannes se sont créées pour disposer de semences de qualité et développer des techniques de culture respectueuses de l’environnement. Ainsi, des paysans ont accepté d’expérimenter de nouvelles techniques pour produire du riz pluvial, développer la rizi-pisciculture ou encore améliorer la culture du manioc, consommé lors des pénuries de riz. Les résultats sont encourageants : la production de manioc a été multipliée par 10, les semences produites localement ont été certifiées par le service de contrôle. Il reste bien sûr à améliorer la commercialisation mais les discussions ont déjà commencé pour améliorer la distribution.
Ce projet a été mené par l’AFDI, membre du CFSI en partenariat avec des associations paysannes. Le CFSI a apporté un financement de 10 000 €.
Au Mali, le groupement féminin de Sony a fait reculer la faim
Au Mali, comme dans beaucoup de pays sahéliens, les groupements féminins sont souvent très dynamiques. Celui de la commune de Sony dans la région de Kayes est exemplaire. En octobre 2006, les femmes se sont organisées pour aménager un terrain. Elles se sont cotisées pour acheter des semences tandis que le projet leur fournissait une motopompe et les aidait à mettre en place un réseau d’irrigation. En janvier 2007, elles ont commencé à semer. Résultat en juin, elles avaient ont pu récolter plus de 1 000 kilos d’oignons, 700 kilos de gombo ainsi que du niébé, haricot fortement apprécié. Une partie des récoltes a été commercialisée, l’autre autoconsommée permettant ainsi de diversifier l’alimentation. Les revenus obtenus ont notamment servi à ouvrir un compte à la caisse rurale pour acheter des semences d’arachide qui ont été semées sur un champ collectif durant la saison des pluies 2007.
Ce projet a été mené par le GRDR avec le soutien financier du CFSI qui a apporté 10 000 €.
Au Burkina Faso, des organisations paysannes optent pour le niébé
80 % de la population active du Burkina Faso vit de l’agriculture et de l’élevage. Mais en zone sahélienne, il n’est pas facile de vivre de sa production. La baisse des prix agricoles entraîne des pertes de revenus et des carences alimentaires qui frappent plus de 20 % de la population notamment lors de la saison sèche.
Pour s’en sortir, l’AFDI (Agriculteurs Français et Développement International) a décidé avec son partenaire local, la Fédération des professionnels agricoles du Burkina Faso de mettre en place un programme d’amélioration du maraîchage et de la culture du niébé, une légumineuse qui permet de faire la soudure pendant la saison sèche et de disposer de fourrages pour les animaux. L’appui a permis de former 500 producteurs. Ils ont eu ainsi les moyens de mieux gérer les semences en mettant en place un magasin de stockage et de vente. Dans un deuxième temps, un travail a permis de renforcer la commercialisation.
Ce projet a été mené par l’AFDI avec le soutien financier du CFSI qui a apporté 10 000 €.
Au Bénin, les producteurs d'aklui et de gari coco à la recherche de nouveaux clients
L’aklui, (bouillie de maïs, de mil et de sorgho) et le gari coco (semoule de manioc fermenté aromatisé au lait de coco) sont deux produits très appréciés des béninois. Reste qu’ils ne sont pas toujours faciles à vendre : un taux d’humidité trop élevé rend ces denrées vite périssables sans parler d’un contexte qui ne favorise pas les produits locaux. Pour remédier à ces difficultés, le Geres et le Gret, deux associations membres du CFSI, ont appuyé près d’une quarantaine de mini-entreprises de transformation. Au programme : l’amélioration de la qualité de la production et de l’emballage, un accompagnement en gestion pour mieux calculer les prix et un appui à la promotion. Ainsi pendant trois mois, une radio populaire a diffusé un spot en fon, la langue locale, et en français. Les objectifs commerciaux n’ont pas été totalement atteints mais cette impulsion a montré qu’une production de qualité est possible et peut à terme être porteuse d’avenir pour les producteurs.
Ce projet a été mené par le Geres et le Gret avec le soutien financier du CFSI qui a apporté 15 000 €.
Au Vietnam, des producteurs s'organisent pour mieux produire
Plus de 60 % de la population vietnamienne se consacre à l’agriculture. Pendant plusieurs décennies, les coopératives d’Etat ont joué un rôle majeur pour les paysans. Elles permettaient de stabiliser les prix et leur offraient des services comme par exemple l’accès aux semences. Celles-ci ont progressivement disparu laissant les paysans seuls et sans guère de ressources. Pour survivre, ils doivent travailler autrement.
C’est pourquoi le CFSI a décidé de les appuyer. Les éleveurs de porcs se constituent en associations de producteurs. Ils partagent le coût des services vétérinaires et obtiennent un appui pour la commercialisation. Quant aux paysans les plus pauvres, ils sont encouragés à maintenir une activité piscicole. Ils peuvent ainsi avoir une alimentation plus saine et disposer de revenus supplémentaires pour faire face aux dépenses de santé et d’éducation de leurs enfants.
Ce projet a été mené par le Gret et l’AFDI. Le CFSI a apporté un soutien financier de 15 000 €.
Au Brésil, des sans terre s'organisent
Jaime Martins de Souza et Edson Perreira de Oliveira ont toujours vécu en Amazonie brésilienne. Cette Amazonie qui, de loin, fait rêver, est en réalité une région où il ne fait pas bon vivre quand on est pauvre. La terre y est de plus en plus accaparée par de grands propriétaires. La forêt est dévastée et remplacée par d’immenses surfaces de culture auxquelles sont attachés des milliers d’ouvriers agricoles aux salaires de misère.
Longtemps, Jaime et Edson ont subi cette situation. Jusqu’au jour où l’un comme l’autre ont décidé de la refuser. Ils se sont installés à Sao Felix dans le Haut Xingu, sur quelques hectares de terre conquis sur la forêt et sont devenus exploitants agricoles.
Ceci n’a pas été sans mal. Régulièrement agressés par des bandes au service des grands propriétaires désireux de s’annexer toujours plus de terres, ils ont réussi à obtenir un titre de propriété. Leur métier d’ouvriers agricoles ne les avait pas préparés à gérer une exploitation, aussi petite soit-elle. Prendre soin de la terre, choisir les productions à cultiver, trouver des débouchés, tout cela ils ont dû l’apprendre en faisant.
Pour Jaime, pour Edson et pour bien d’autres « sans terre » de l’Amazonie brésilienne, les résultats sont visibles : une alimentation régulière de la famille, un revenu décent pour assurer les dépenses de santé, de scolarisation et les autres besoins quotidiens. Et surtout, le sentiment partagé de vivre, enfin, dignement de leur travail.
Ces victoires, ils les doivent à eux-mêmes. Mais pas seulement. C’est en s’unissant avec d’autres qu’ils ont changé leur situation. Aujourd’hui leur avenir est ancré en Amazonie.
Ce programme a été mené par le Gret, membre du CFSI et trois organisations brésiliennes. Le CFSI l'a financé à hauteur de 30 000 € sur trois ans.