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Nourrir le monde

Près d'un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde. Elle progresse presque sans discontinuer depuis 15 ans et tue quotidiennement 25 000 personnes. La flambée des prix des produits alimentaires en 2007 et 2008, puis la crise économique mondiale ont aggravé la situation.

Contrairement à une idée reçue, la sous-alimentation ne résulte pas d'une pénurie de nourriture car la production mondiale est suffisante. Elle est la conséquence de la pauvreté qui prive les victimes de la faim des moyens d'acheter les aliments dont ils ont besoin pour vivre. Paradoxalement ce sont les paysans, dont le rôle est de produire des aliments, qui rencontrent le plus de difficultés à se nourrir. Il s’agit principalement d’agriculteurs familiaux qui représentent 75 % des personnes sous-alimentées.

Grâce aux campagnes menées depuis des années par les organisations paysannes et les associations citoyennes du Sud et du Nord avec l'appui d'un nombre croissant de chercheurs, les responsables politiques reconnaissent désormais l'importance de l'agriculture et, en particulier de l'agriculture familiale, pour faire reculer la faim et la pauvreté. Mais des paroles aux actes, il y a un pas qui reste difficile à franchir. Dans les pays en développement, des politiques agricoles sont indispensables pour soutenir les producteurs familiaux. Il faut des financements pour les mettre en oeuvre tant de la part des gouvernements du Sud que de l'aide gouvernementale et non-gouvernementale.

Coopérer autrement

Au nord comme au sud, l'Etat et le Marché ne peuvent répondre seuls aux besoins prioritaires et aux aspirations des citoyens. C'est ce qui a justifié la création d'associations, d'organisations syndicales ou socio-professionnelles, soucieuses de contribuer à l'intérêt de leurs membres et surtout à l'intérêt général.

Dans les pays pauvres, ces organisations trouvent des solutions pour améliorer l'accès aux services sociaux de base (éducation, santé, eau, etc.). Elles jouent également un rôle fondamental auprès des pouvoirs publics locaux et nationaux en portant la parole des plus faibles, en veillant à ce que les politiques prennent en considération leurs besoins.

Les récents évènements du printemps arabe ont révélé au monde entier le poids des sociétés civiles dans le basculement des dictatures. Elles constituent des forces sociales incontournables pour la démocratisation, la paix et le développement. C'est pourquoi, elles sont des partenaires indispensables. Sans elles, tout projet de développement est voué à l'échec.

Promouvoir une économie au service de l'Homme

"Parce qu'isolés les plus pauvres s'appauvrissent encore plus ..." Développer l'économie sociale et solidaire comme rempart contre la pauvreté et comme vecteur de richesses individuelles et collectives.

1 milliard de personnes, pour l'essentiel habitants des pays les plus pauvres, souffrent de la très grande pauvreté moins d'1 euro par jour pour survivre. Dans ces conditions, il devient impossible de monter une activité rémunératrice, d'envoyer ses enfants à l'école, de se faire soigner.
Dans les campagnes comme en ville, il est pourtant possible de lutter contre cette spirale d'appauvrissement, sans pour autant se cantonner à des activités économiques informelles.

-des activités économiques, fondées sur des relations de coopération, de partage de la valeur ajoutée, permettent de développer des emplois mais aussi des activités sociales pour les familles et pour les territoires.
-le micro crédit articulé à un accompagnement social permet, dans bien des cas, à des hommes et des femmes de démarrer des activités rémunératrices et d'augmenter le revenu de la famille;
-des mutuelles de santé mises en place par des organisations locales permettent, contre une cotisation très modique, de retrouver le chemin du centre de santé et de soigner toute la famille ;
-des programmes d'insertion économique permettent à jeunes et adultes d'acquérir une formation professionnelle, tout en bénéficiant d'une alphabétisation et d'une éducation scolaire qu'ils n'ont pas toujours reçue.
-des dynamiques locales de projet, basées sur la participation et la concertation entre acteurs, contribuent à générer de nouvelles activités économiques et sociales sur les territoires, facilitant la création d'emploi ou l'accès aux services de base.